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Je ne suis pas réfugié, je suis…

Yazan, professeur et écrivain, Almneithra, Syrie



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Yazan rêve de paix en Syrie, sans passer par la violence. (Photo: Sven Becker)

Paperjam et Maison Moderne s'associent à l'initiative citoyenne «iamnotarefugee.lu» de Frédérique Buck et Sven Becker en présentant des portraits de réfugiés arrivés au Luxembourg et qui ont tant à nous raconter. Présentation aujourd'hui de Yazan, professeur et écrivain, qui nous parle de sa terre natale, la Syrie.

Nous voulions la paix, nous n’avons pas pris les armes.

J’ai 27 ans, presque 28. Je suis arrivé au Luxembourg le 21 octobre 2015. J’ai quitté mon village du sud de la Syrie le 5 octobre 2015.

J’ai toujours rêvé de démocratie pour mon pays, de pouvoir m’exprimer librement. De pouvoir dire haut et fort que quelque chose est mal si je le pense. Et de pouvoir y mettre fin.

Ce qu'on obtient par la violence ne nous appartient pas.

Yazan, professeur et écrivain de Syrie

Avant la révolution, nous avions tellement de rêves et d’espoirs. J’ai fait partie de la révolution, je soutenais les démonstrations pacifiques. Plus tard, nous n’avions plus le choix, le régime s’est mu en terrible guerre. Ensuite, des soldats étrangers sont venus des quatre coins du monde. Eux se battent pour l’argent, ils n'ont pas d'autre cause. Nous, nous cherchions la paix, nous ne nous sommes pas battus. Nous voulions la paix sans passer par la violence. Nous ne voulions pas faire couler du sang. Nous avons dû quitter le pays. Nous n’avions pas le choix.

Je pense que si on commence à se battre pour quelque chose, on ne le mérite pas. Ce qu'on obtient par la violence ne nous appartient pas.

Comme nous refusions de nous battre et de nous joindre à la guerre, nous avons dû partir.

Tous les jeunes intellectuels et rêveurs de Syrie quittent le pays.

Yazan, professeur et écrivain de Syrie

Tous les jeunes intellectuels et rêveurs de Syrie quittent le pays. Les pays importent ce dont ils ont besoin. En Syrie, les jeunes gens sont devenus le pétrole, l’acier, l’or. Toutes les organisations qui participent à la guerre, le régime inclus, ont besoin de jeunes soldats. Comme ils sont devenus rares, ils les importent de partout dans le monde. Aujourd’hui, les créatures qui font la guerre en Syrie viennent de la planète entière.

Comme nous étions jeunes et capables de nous battre, nous devions nous joindre à eux. Ils nous auraient forcés à combattre. Soit vous acceptez de vous battre, soit on vous tue. Nous avions le choix entre une balle dans notre main et une balle dans la tête.

Retrouvez l’intégralité du témoignage de Yazan en anglais sur iamnotarefugee.lu.

Contactez Yazan via yazanaldebal@yahoo.com