ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Rebranding

Unify: «C’était le bon moment»



Jean-François Terminaux (Unify Luxembourg): «Je pense que nous allons révolutionner la manière de communiquer de demain». (Photo: Julien Becker)

Jean-François Terminaux (Unify Luxembourg): «Je pense que nous allons révolutionner la manière de communiquer de demain». (Photo: Julien Becker)

Depuis ce mardi, Siemens Enterprise Communications s’appelle Unify. Une nouvelle identité globale d’entreprise, assortie d’une nouvelle vision pour l’avenir, déclinée dans le concept «Ansible». Explications avec Jean-François Terminaux, managing director de l’entreprise au Luxembourg. 

En gestation depuis près de trois ans, le rebranding de Siemens Enterprise Communications a été finalisé cette semaine. Place désormais à Unify, nouvelle appellation d’origine contrôlée pour un groupe qui emploie près de 11.000 personnes à travers le monde, dans 65 pays. 

Au Luxembourg, Unify compte une quarantaine d’employés, dont les deux tiers sont dédiés aux activités de services. L’entreprise revendique, au Grand-Duché, une part de marché de 55% dans le vaste domaine des «communications». Le «cluster» créé avec l’entité belge représente, quant à lui, quelque 180 employés.

Ce changement de nom était prévisible, voire attendu avec impatience. Car, depuis 2008 et la prise de contrôle à 51% de la société par le fonds d’investissement américain Gores, une certaine confusion existait entre le groupe Siemens (qui reste actionnaire à 49% d’Unify), Siemens Enterprise Communication ou encore, en son temps, Fujitsu Siemens.

«C’était le bon moment pour le faire», explique à paperJam.lu Jean-François Terminaux, managing director de l’entreprise au Luxembourg. Cela me prenait parfois une demi-heure dans un rendez-vous client pour expliquer qui nous étions et comment nous étions positionnés au sein de l’univers Siemens. Désormais, je préfère passer une demi-heure à expliquer la nouvelle stratégie d’Unify et ce vers quoi nous allons aller.»

De l’utilisateur final jusqu’au développeur

Car au-delà de ce nouveau nom, c’est toute la stratégie d’entreprises qui a été chamboulée. «Je pense sincèrement que nous allons révolutionner la manière de communiquer de demain», prédit M. Terminaux.

Cette stratégie «révolutionnaire» s’appuie sur une vision, baptisée pour l’heure «Ansible», en référence au concept de science-fiction de communications à des vitesses supérieures à celle de la lumière, inventé en 1966 par Ursula K. Le Guin dans «Le Monde de Rocannon».

«Contrairement à ce qui se fait habituellement dès que des ingénieurs développement un concept, nous avons d’abord commencé par nous intéresser aux utilisateurs finaux, à leurs besoins et à la façon dont ils souhaitaient pouvoir y répondre. C’est sur cette base-là que le concept a été développé.»

Unification tous azimuts

Tout tourne autour de la notion de communications unifiées (unified communications), permettant à n’importe quel utilisateur d’utiliser n’importe quel support technologique (téléphone, laptop, tablette…) pour gérer ses communications. «Aujourd’hui, chacun dispose d’un grand nombre de canaux de communication en tous genres, mais ne sait pas forcément comment optimiser tous ces flux d’information. Doit-on copier/coller autant de fois un message que l’on veut transmettre via Facebook, LinkedIn, Twitter, Google+? Comment transférer par écrit un message vocal? Et comment transférer vocalement un message écrit? C’est ce à quoi répond la vision Ansible.»

De la vision à la réalité, il ne manque plus quelques mois. Les versions Bêta de cette plateforme, développée selon le modèle ouvert WebRTC (web real-time communication) qui se veut intuitif et ne nécessitant aucune formation complexe, vont entrer en production auprès de certains grands clients mondiaux dans les prochaines semaines. La commercialisation à grande échelle est attendue pour mi-2014, «autrement dit, demain», note M. Terminaux.

«Nous ne renions pas nos origines et tout le volet hardware/matériel sur lequel nous avons développé nos activités ces dernières années. Mais nous y ajoutons une couche supplémentaire au-dessus. Peu importe la technologie qui sera utilisée: cette interface permettra d’intégrer tout type d’échanges de communication et même ceux qui n’existent pas encore.»

Une approche directe au Luxembourg

À l’échelle d’Unify Luxembourg, cette «révolution» constitue «un grand challenge», estime M. Terminaux. «Il s’agit d’une refonte complète de notre positionnement et de la manière d’approcher les clients. Cela va jusqu’aux compétences mêmes des techniciens. Nous devons donc repenser totalement notre modèle et le repenser dès cette année. Car nous en aurons besoin très vite.»

Au Luxembourg, le portefeuille client d’Unify compte quelque 2.300 sociétés, dont 2.000 TPE et PME. «Mais nous avons une approche identique pour les petits ou pour les gros clients, que ce soit en termes de services ou de fonctionnalités que nous apportons.»

La société se démarque également des autres entités Unify par une approche «directe» du marché et non pas via des partenaires. «C’est une spécificité à laquelle je tiens, même s’ils sont beaucoup à vouloir devenir notre partenaire», note M. Terminaux. La seule exception concerne l’offre VoiceCloud, développée depuis avril 2012 avec Telecom Luxembourg.