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Une journaliste du Land citée pour diffamation



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Josée Hansen a fait l’objet d’une citation directe de la part de Jean Nicolas, éditeur de Privat. La rédactrice, également présidente du conseil d’administration de la Rockhal, avait insinué, dans un article consacré à la montée du racisme et de la xénophobie au Luxembourg, que le groupe de presse était un agent de liaison de ces thèses. Josée Hansen demande la publication du jugement d'acquittement dans Privat ou bien le versement de 10.000 euros de dommages et intérêts.

Une journaliste du Lëtzebuerger Land a dû rendre des comptes ce matin devant la douzième chambre correctionnelle du tribunal du district de Luxembourg. Josée Hansen, également présidente du conseil d’administration de la Rockhal, a fait l’objet d’une citation directe pour le contenu prétendument diffamatoire d’un article paru le 16 décembre 2011 et intitulé « De la peur à la haine ». Cette citation directe avait été déposée le 30 janvier dernier par Jean Nicolas, patron du groupe de presse Nicolas, éditeur du magazine tabloïd Privat. L’audience, maintes fois repoussée, a finalement eu lieu ce matin.

« L’article de Josée Hansen faisait la lumière sur la montée du discours raciste et xénophobe dans la société luxembourgeoise. En analysant ce discours, elle avait écrit, au détour d’une phrase, qu'il était souvent répercuté dans les médias du groupe Jean Nicolas », explique Pierre Hurt, avocat de la journaliste et associé du cabinet Lutgen & Associés.

Organe de liaison

« En deux mots, cet article prévenait des dangers du populisme et du racisme au Luxembourg. Nous étions accusés, dans cet article, d’être un organe de liaison de ces thèses. Or, nous ne sommes ni des xénophobes, ni des racistes », explique de son côté Jean Nicolas, qui met en avant la large diffusion de son hebdomadaire, publié à 35.000 exemplaires.

Selon Pierre Hurt, le délit de diffamation est puni par l'article 444 du code pénal de 251 à 2.000 euros d'amende et de 8 jours à 1 an d'emprisonnement. « Nous n’imaginons pas une seule seconde que Josée Hansen sera condamnée. Les éléments constitutifs de l’infraction ne sont pas réunis. L’article est très fouillé et il n’y a aucune intention méchante. »

En contrepartie, et dans l'éventualité de son acquittement, Josée Hansen demande que le jugement soit publié ou que le préjudice subi soit indemnisé. « Il n'y a pas de jurisprudence sur ce point. Mais nous demandons que le jugement d'acquittement soit publié dans Privat, comme le serait un jugement de condamnation. Si le tribunal le refuse, Josée Hansen demande 5.000 euros à Jean Nicolas, et 5.000 euros au rédacteur en chef Heintz Kerp, au titre de dommages et intérêts, somme qui sera versée à l'association Reporters sans frontières. Elle demande aussi 1.500 euros à chacun d'indemnités de procédures», détaille Pierre Hurt.

Verdict le 19 décembre.