COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Ressources humaines

Employee’s benefits

Une bonne alchimie



Thierry Vanbever (SDWorx) (Photo : Andrés Lejona)

Thierry Vanbever (SDWorx) (Photo : Andrés Lejona)

Le salaire détient toujours la part du lion dans un package salarial. Oui ! Mais la crise a également balayé nombre de certitudes à ce niveau-là. Résultat : certaines entreprises se retrouvent à tâtonner.

La crise a conditionné en profondeur la politique salariale de nombre de sociétés. Avant 2008, les rémunérations s’affichaient dans la perspective du plus offrant – les entreprises jouant à qui donne le plus et les candidats acceptant avec entrain cette règle du jeu – où les avantages extra-légaux se résumaient à la voiture, les chèques-restaurants et le téléphone portable. Aujourd’hui, une telle vision étriquée, dont la pratique n’est pas pour autant éteinte, semble néanmoins se réduire comme peau de chagrin.

« Dans cette phase de reconsidération de la politique salariale, beaucoup d’entreprises se retrouvent démunies, désemparées, ne sachant plus quel package salarial appliquer », indique Thierry Vanbever, general manager de SDWorx. La crainte pour ces entreprises est de ne pouvoir proposer des salaires suffisants et ainsi ne plus pouvoir attirer ou, pire, risquer de perdre ses meilleurs éléments. D’autre part, les candidats, de leur côté, l’ont majoritairement compris – « même si certains vivent encore dans le passé » – et recherchent un équilibre entre la part salariale et les avantages extra-légaux dont le catalogue tend par ailleurs à se diversifier. « Cependant, au Grand-Duché, la part du salaire reste proportionnellement plus importante qu’ailleurs », constate M. Vanbever.

Dans le registre des avantages couramment usités, la voiture (on en revient) tient toujours le haut de l’affiche, et ce, « même si certaines sociétés proposent dorénavant des cylindrées moins grosses et considèrent également l’impact CO2 », intervient Grégory Pels, assistant manager SDWorx. Le plan de pension complémentaire connaît également un regain d’intérêt dans une période où la question de la retraite se pose avec plus d’interrogations que par le passé.

Tout est question de dosage

Les assurances complémentaires et les stocks options sont aussi parmi les propositions les plus couramment insérées dans un package salarial. « Les conciergeries d’entreprise sont également des avantages qui se développent, notamment au sein de grandes entreprises », observe Thierry Vanbever.
Dans tous les cas, et quelle que soit sa politique salariale, un dirigeant se posant la question du contenu d’un package doit aussi prendre en considération le volet formation, car aujourd’hui beaucoup de salariés mettent l’accent sur la gestion de leur carrière plutôt que sur la simple évolution de leur rémunération. « Dans un contexte où la sécurité de l’emploi n’est malheureusement plus à l’ordre du jour, les employés doivent pouvoir garantir leur employabilité », ajoute-t-il. Dans ce dédale de possibilités et face à un changement profond des mentalités, certaines entreprises se retrouvent quelque peu décontenancées : elles ne peuvent pas – ou plus – proposer des salaires à hauteur des rémunérations d’avant crise, elles ont quelquefois du mal à se situer par rapport aux pratiques de leurs concurrents, elles ne connaissent pas l’éventail des possibilités en termes d’avantages extra-légaux, etc. « Les entreprises doivent rester compétitives et donc maintenir les coûts, note Thierry Vanbever. Elles ne doivent pas entrer dans la surenchère en termes de salaires, et ce, même si le coût salarial est très intéressant au Luxembourg au regard d’autres pays. »

Un package dont le salaire est le plus important reste donc de mise… sans pour autant négliger les avantages annexes, « d’autant plus qu’il existe de nombreux petits avantages très intéressants pour les salariés et peu onéreux pour les entreprises », insiste Grégory Pels. Les complémentaires retraites et assurances complémentaires en sont des exemples parmi d’autres, tout comme peut l’être une flexibilisation raisonnée des horaires, voire la mise en place de télétravail.

« L’idéal serait de pouvoir développer des packages qui tiennent compte de la performance et de l’implication de chaque collaborateur, cela dans le respect de l’équité », conclut Thierry Vanbever.