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François Thiry et Carole Schmit (Polaris)

«Une architecture qui n’a pas peur de s’inventer»



François Thiry et Carole Schmit (Polaris): «On prend le temps de bien faire les choses.» (Photo: Olivier Minaire)

François Thiry et Carole Schmit (Polaris): «On prend le temps de bien faire les choses.» (Photo: Olivier Minaire)

Le bureau d’architectes Polaris fête ses cinq ans aujourd’hui. Depuis 2005, François Thiry et Carole Schmit, ses deux associés, ont pu prendre le pouls de la place et de l’architecture luxembourgeoise.

Pouvez-vous nous relater la genèse de Polaris Architects?

«François Thiry. Carole et moi nous sommes rencontrés à Bruxelles. Avant de nous installer à Luxembourg, nous avons pas mal voyagé et acquis de l’expérience dans divers bureaux en Belgique, aux Pays-Bas, en Italie. Cela fait dix ans que nous collaborons en tant qu’indépendants sous forme d’un collectif. En 2003, nous avons remporté le concours du pavillon Skip à Esch-sur-Alzette. Depuis son inauguration en 2005, d’autres commandes ont suivi, notamment dans le contexte de la Porte de Hollerich. C’est la demande qui nous a poussés à nous installer à Luxembourg.

Cinq ans après cette installation, comment se porte Polaris Architects?

Carole Schmit. On prend le temps, en équipe, avec nos partenaires, de bien faire les choses dans un contexte qui bouge énormément. Nous voulons contribuer à ce que l’architecture puisse être considérée comme une forme d’engagement, de réponse à des questions de société. Nous soignons l’aspect social, la communication autour de nos projets.

Pourquoi est-ce important pour vous?

François Thiry. Lorsqu’on aborde des questions liées à l’urbanisme, il importe que le débat soit public. Quand un projet est mis sur la table, les parties prenantes ont de plus en plus leur mot à dire, et il est souhaitable pour le maître d’ouvrage que celles-ci adhèrent au projet autant que possible. Cette situation explique l’importance de promouvoir, même à l’échelle de projets modestes, une culture de l’architecture accessible au grand public.

Peut-on dire qu’en cinq ans, d’un point de vue architectural, les choses ont évolué?

François Thiry.Certainement. Et de manière positive. Ce qui se fait au niveau de l’architecture contemporaine au Luxembourg commence à susciter un certain intérêt à un niveau international. Mais il y a d’autres enjeux autour desquels les choses bougent. Un des enjeux majeurs est de généraliser une architecture à la fois urbaine et écologique, capable de relever le défi de la réduction de l’empreinte écologique des villes.

Quels sont les éléments qui permettront d’avancer vers cet objectif?

Carole Schmit.Sous-jacente à la question écologique, on retrouve la question de l’espace public. Aujourd’hui, on a encore tendance à envisager les immeubles de manière isolée. Nous défendons l’idée qu’il faut dépasser le stade de la juxtaposition pour articuler l’ensemble des projets.

Aujourd’hui, quelle architecture préconisez-vous au Luxembourg?

Carole Schmit.Une architecture qui n’a pas peur de s’inventer. Nous Luxembourgeois, plutôt que d’aller copier des modèles dans les pays voisins, devons avoir confiance dans nos propres qualités innovatrices.

Sur quels projets travaillez-vous en ce moment?

François Thiry.On peut citer le Lycée technique Joseph Bech à Grevenmacher, le projet de transformation du grand magasin Monopol à Esch, l’immeuble administratif HQE «Horizon» à Strassen. On conçoit aussi des maisons pour des familles. Enfin, nous venons de livrer la terrasse du Kiosk au parc central du Kirchberg. A leur manière, ces projets témoignent d’une même volonté de faire vivre une architecture de création au Luxembourg.»