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Un ministère pour la digitalisation, oui, mais...



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Pour Gérard Hoffmann, «il faut réformer le fonctionnement interne de l’État». (Photo: Sven Becker / Archives)

Le milieu des affaires a reçu positivement l’annonce de la création d’un ministère dédié à la digitalisation. Pour les responsables des principales fédérations professionnelles, le développement d’une e-administration est crucial pour la compétitivité de l’économie.

C’est l’une des grandes nouveautés annoncées par Xavier Bettel, jeudi, lors de la présentation des grandes lignes du programme du futur gouvernement. Un portefeuille dédié à la digitalisation et rattaché au ministère d’État sera créé pour coordonner les efforts politiques autour du numérique.

Quels seront ses objectifs, ses priorités, ses moyens? Aucun détail n’a encore été donné. Du côté des associations professionnelles, on reste donc prudent en attendant d’en savoir un peu plus sur la stratégie qui sera adoptée, tout en saluant cette initiative.

La politique volontariste du gouvernement sortant, qui avait déjà fait de la digitalisation l’une de ses priorités – notamment à travers la stratégie Digital Lëtzebuerg –, a donné du crédit à la volonté des autorités de s’engager auprès du secteur privé autour de la transformation numérique en cours.

Une administration «à la traîne»

Mais si on s’accorde à dire que les efforts envers les entreprises doivent continuer, on pointe du doigt le retard de l’administration. La digitalisation de l’appareil public doit être la grande priorité de ce nouveau ministère. «Il faut réformer le fonctionnement interne de l’État. L’administration est à la traîne en matière digitale», confie à Paperjam.lu Gérard Hoffmann, le président de l’asbl ICT Luxembourg.

Pour lui, les autorités doivent montrer l’exemple au reste de l’économie et pousser les petites entreprises à faire le pas. «Si certaines procédures étaient digitalisées, comme le paiement électronique des factures, certaines PME seraient indirectement forcées de se digitaliser elles-mêmes et ce serait une bonne chose», ajoute Gérard Hoffmann.

Ne pas morceler les fonctions

Pour la Fedil, la fédération des industriels, une administration digitale serait un gage de compétitivité pour l’économie. «Le potentiel d’accélération et de simplification de certaines procédures est énorme», note ainsi René Winkin, le directeur de la Fedil. «Un aspect qui nous tient particulièrement à cœur dans le secteur de l’industrie concerne les procédures nécessaires à l’obtention des autorisations d’exploitation. Tout est fait manuellement aujourd’hui et les temps d’attente sont très longs.»

Du côté de la Chambre de commerce, c’est la transversalité de la démarche que l’on salue. «En rattachant ce ministère au ministère d’État, le futur gouvernement montre sa volonté de traiter la digitalisation de manière horizontale et de se positionner en tant que facilitateur pour les autres ministères», note le directeur général de l’institution, Carlo Thelen.

«Mais il faut faire attention au morcellement des fonctions et des responsabilités, car cela risque de compliquer la mise en place d’une politique intégrée et cohérente autour de la digitalisation», prévient-il. Et de rappeler que la Chambre de commerce avait conseillé aux partenaires de coalition lors des négociations de regrouper les principales fonctions du gouvernement autour de «super ministères».