COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Ressources humaines

RSE

Un label, pour faire quoi?



Eric Hiéronimus (INDR): «Le seuil d’éligibilité est élevé: il ne suffit pas de simplement répondre oui à un quart des questions» (Photo: Olivier Minaire)

Eric Hiéronimus (INDR): «Le seuil d’éligibilité est élevé: il ne suffit pas de simplement répondre oui à un quart des questions» (Photo: Olivier Minaire)

La responsabilité sociale des entreprises est porteuse. Le 23 septembre dernier, 15 entreprises ont reçu les premiers labels «RSE» de l’Institut national pour le développement durable. Qu’est-ce que cela implique?

Monsieur Hiéronimus, qu’est-ce que la responsabilité sociale des entreprises?

«La RSE est une matière en devenir. Je la compare au marketing il y a 30 ans. On se posait la même question à l’époque, et aujourd’hui il est bien compris, bien intégré dans les organisations. Cette RSE, on en entend également de plus en plus parler, sans véritablement savoir en quoi elle consiste. Pour comprendre son intérêt, il faut d’abord savoir ce que l’on met dedans. Et pour être clair, ce n’est pas en offrant un abonnement Vel’oh! que l’on travaille sa RSE.

Dans un tel contexte, à quoi sert un label?

«Le label, c’est un outil. Et les entreprises l’ont compris. On a aujourd’hui 15 entreprises labellisées, mais nous en avons 250 qui ont déjà demandé le référentiel et de nombreux dossiers sont en cours d’évaluation. C’est un outil, car il permet de clarifier la démarche et l’étendue de la RSE. Nous avons mis deux ans pour le construire, à travers une centaine d’ateliers avec les entreprises. Aujourd’hui, c’est le seul label européen de ce type qui existe. Pour être labellisé, il faut répondre à 450 questions… qui sont autant de moyens pour ‘montrer la voie’ de ce qu’est la RSE.

La RSE n’est-elle pas une ‘tarte à la crème’, en relevant plus de l’opération de communication que de la démarche sincère des entreprises?

«J’ai envie de dire: et alors? Si l’entreprise entame une démarche RSE par opportunisme, je ne vais pas être plus royaliste que le roi… Toute entreprise a une vocation économique. Si elle considère le label comme un signe distinctif l’aidant dans son développement, je ne vais pas la critiquer. De toute manière, la grille d’évaluation est faite de telle sorte que l’on ne peut passer à travers les contrôles si l’on ne fait rien… Le seuil d’éligibilité est élevé: il ne suffit pas de simplement répondre oui à un quart des questions!

A qui s’adresse ce label?

«Il s’adresse aux 28.000 entreprises du pays… Pour le moment, nous avons déjà une société avec un seul salarié et une autre qui emploie plus de 1.600 personnes, donc le spectre est très large. Dans le tableau de demande, on peut répondre aux questions de différentes façons: appliqué, non appliqué, en cours et enfin non applicable. Ensuite, nous vérifions le questionnaire.

Si le seuil d’éligibilité est atteint, on procède à la vérification d’un certain nombre de critères. L’entreprise candidate choisit alors son vérificateur et paie sa vérification, qui se déroule sur le modèle d’un audit. Une fois obtenu, le label est valable pendant trois ans.

Est-il compliqué de mettre en place la démarche pour obtenir le label?

«Qu’est-ce que ‘difficile’ veut dire? Il faut une approche plus longue que trois simples mois, on ne peut pas y répondre entre deux portes. Donc, de ce point de vue, oui, c’est compliqué. Si l’entreprise a déjà une démarche sociale, avec un patron engagé, qui vise la pérennité, alors il est loin d’être inaccessible. Sans oublier le retour sur investissement: si je forme bien mes collaborateurs, si je les encadre bien, ils vont rester et être impliqués dans leur travail. Ils seront plus rapides, plus productifs…

Une grande entreprise, candidate au label, a mis en place une équipe projet, avec quatre personnes qui travaillent sur le dossier. On y retrouve les RH, la production, un membre de la direction générale et une personne qui consolide les informations qui viennent de partout… Donc c’est du travail, mais pas infaisable.»

 

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