PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Banques

PwC Banking Day 2018

Un avenir technologique, des enjeux pragmatiques



Pour chacun des banquiers présents à la table ronde, la «compliance» représente une part très importante de leur budget réservé à la transformation digitale. (Photo: DR)

Pour chacun des banquiers présents à la table ronde, la «compliance» représente une part très importante de leur budget réservé à la transformation digitale. (Photo: DR)

Derrière les services de plus en plus digitaux proposés dans le système financier se cachent des défis beaucoup moins technologiques qu’il n’y paraît. Ainsi, la régulation et la formation du personnel aux nouvelles technologies sont des sujets stratégiques pour les banques qui souhaitent préparer leur avenir.

Ce n’est plus un secret, la banque du futur sera digitale ou ne sera pas. Et les enjeux que fait naître ce nouveau paradigme sont énormes pour le secteur bancaire. Mais les défis les plus grands ne sont pas forcément là où on pourrait les attendre. Lors d’une table ronde sur les tendances qui dessinent le futur des banques, organisée mardi dans le cadre du PwC Banking Day 2018, il a été question davantage de régulation que de nouvelles technologies.

«Les dépenses liées à la conformité pour les petites structures peuvent représenter jusqu’à 50% de leurs revenus», a rappelé Marc Hemmerling, general counsel sur les questions fintech à l’Association des banques et banquiers Luxembourg (ABBL). «C’est ça de moins investi dans de nouveaux services.» À la Société Générale, les dépenses liées à la «compliance» ont représenté ces dernières années environ 20% des revenus nets annuels.

Notre département ‘compliance’ est en plein développement.

Thierry Garcia, Société Générale

Même avec cet investissement, il s’agit d’un «challenge fantastique» pour Thierry Garcia, CFO Europe de la filière Corporate and Investment Bank de la banque française. «Nous devons investir constamment pour répondre aux attentes du régulateur. Notre département ‘compliance’ est en plein développement, car nous embauchons à tour de bras.»

La formation, l’autre enjeu stratégique

Un autre enjeu moins médiatisé – mais tout aussi important pour le secteur bancaire – est celui de la mise à jour des compétences des employés. «Nous nous dirigeons vers des services toujours plus centrés sur le client, il s’agit donc d’utiliser les technologies de l’intelligence artificielle pour rompre les tâches routinières, mais de garder l’expérience de nos spécialistes pour servir le client au mieux», a rappelé le CEO de la banque privée Bank Julius Baer Luxembourg, Falk Fischer.

«Les hommes continueront de traiter les exceptions», a rappelé pour sa part Thierry Garcia. «Mais la digitalisation va toucher forcément des emplois, et nous devons redéfinir la façon dont nos employés sont capables de s’adapter.»

La technologie peut nous servir de support, mais nous avons surtout besoin de compétences.

Nicolas Schmit, ministre du Travail

La formation du personnel du secteur bancaire aux nouveaux métiers est un enjeu stratégique pour la Place luxembourgeoise. «C’est l’ensemble du business model des banques qui doit changer pour que la Place puisse rester attractive. Et si la technologie peut nous servir de support, nous avons surtout besoin de compétences pour relever ce défi», a pointé le ministre du Travail, Nicolas Schmit.

C’est dans cette optique que le gouvernement lancera, le 26 mars, son projet «Digital Skills Bridge». Celui-ci implique entreprises et salariés et permet le financement de formations professionnelles approfondies pouvant durer jusqu’à plusieurs mois.