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Concept en développement durable

Un air grand-ducal pour une énergie mondiale



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Les vents d'altitude sont le réservoir permettant de générer une énergie durable. (Photo: KiteGen)

KiteGen produit de l’énergie en utilisant les courants de haute altitude. La phase «industrielle» commence par le crowdfunding. Mais Stéphane Clinckart, actionnaire de la première heure et «international business finder» depuis Luxembourg, aimerait que le pays saisisse sa chance d’être «un nouveau Qatar».

Et si la vraie révolution en matière de production d’énergie verte, abondante et à rendement mondial, se jouait quelque part en Italie, et aussi, en partie, au Grand-Duché de Luxembourg?

KiteGen, lancée en 2001 par une poignée de chercheurs et d'ingénieurs, a trouvé ce qui est presque une pierre philosophale, un projet impressionnant et ambitieux en tout cas. En gros, une aile volante télécommandée, bourrée d’électronique et reliée à un générateur par des câbles à ultra haute résistance, utilise les vents soufflant à plusieurs centaines de mètres d’altitude pour fournir, en continu, des mégawatts.

Loin de la science-fiction, la technologie, validée par d’éminents chercheurs universitaires et développée du côté de Turin, a franchi tous les obstacles depuis une dizaine d’années. À raison d’un ou plusieurs brevets à chaque étape, il y en a une quarantaine sur cette exploitation des puissants courants troposphériques.

Les prototypes ayant montré leur fiabilité, l’équipe passe à la première phase «industrielle». KiteGen est adossée à l’industriel transalpin Sequoia Automation, et KiteGen Venture est le bras armé financier. C’est notamment là que peut intervenir le Luxembourg.

Un actionnaire investi dans le développement du business

Contrairement à ce qui se pratique souvent, la structure – aujourd’hui largement soutenue par un investisseur industriel saoudien, Sabic – n’a pas commencé par créer une base luxembourgeoise pour asseoir un développement à plus vaste échelle. Mais depuis Luxembourg, Stéphane Clinckart travaille notamment au positionnement et au développement du potentiel. Actionnaire de la première heure de KiteGen (aux côtés des fondateurs et d’une centaine d’investisseurs privés), il se veut promoteur et business developer indépendant.

Jusqu’en mars, l’homme était l'associé d’une société luxembourgeoise portant déjà un projet innovant sur les économies d’énergie. Il a commencé sa carrière à Bruxelles et a passé les 15 dernières années à différents postes dans l’ICT au Luxembourg.

Investi dans l’aventure KiteGen, son «international business finder» a déjà multiplié les contacts au Grand-Duché, dans lequel il croit pour soutenir et booster le projet, «avant que d’autres en tirent profit». Il espère d’ailleurs se faire entendre au plus haut niveau de décision.

Avec tous les revenus potentiels d’une exploitation mondiale de KiteGen, Luxembourg, ce serait le Qatar.

Stéphane Clinckart, international business finder

120 millions de mise?

Dans un tout premier temps, KiteGen lance une campagne de crowdfunding. Elle a commencé ce 14 avril, sur la plate-forme Indiegogo.

Le projet, c’est installer le premier parc de machines en Italie et, au-delà, «fournir au monde une alternative propre, abordable et durable».

Le réservoir fourni par les vents d’altitude ferait l’équivalent de 200 à 500 années de consommation. Et l'affaire serait vite rentable, si l'on admet que le procédé a un EROI (energy return on investment) impressionnant: dans les années 1950, on calculait l'équivalent d'un baril de pétrole consommé pour extraire 100 barils; en 2010, le ratio avait baissé à 8 ou 9; avec KiteGen, l'EROI serait de 350.

Alors, au-delà du financement participatif, Stéphane Clinckart imagine une vraie levée de fonds pour porter KiteGen Venture. «Actuellement, une mise de 120 millions d’euros permettrait à l'investisseur d'être partenaire à hauteur de 50% dans la société KiteGen Venture et d’être propriétaire de 74,5% du premier parc de 50 machines».

Tout à gagner

Une société d’investissement luxembourgeoise a le dossier en mains, dit-on. En cas de vrai décollage et avec un bon pilotage, le Luxembourg, selon le promoteur local de KiteGen, aurait tout à gagner: gestion et consolidation du business mondial, propriété intellectuelle, perspectives en recherche et développement, partenariats industriels…

D’autant que chaque partie de la première machine étant un projet en soi, breveté, les concepts à décliner ne manquent pas, technologiques et durables.

Un projet fou ou une opportunité géniale sur laquelle bondir? L’avenir, ici ou ailleurs, le dira.