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Turkish Airlines s'installe au Findel



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Turkish Airlines entend collaborer avec Luxair, notamment pour les destinations africaines. (Photo: Turkish Airlines)

Quatre ministres – dont trois luxembourgeois – étaient présents à l’aéroport du Findel en cette fin de matinée de mardi, pour le vol inaugural de Turkish Airlines en provenance d’Istanbul. Une inauguration aux enjeux économiques et diplomatiques.

Un peu avant 11h40, le premier Boieng 737 au logo de Turskih Airlines s’est posé sans encombre sur le tarmac de l’aéroport de Luxembourg. À son bord, quelque 144 passagers, dont de nombreux invités de la compagnie, mais aussi une délégation officielle. Et à sa tête, Zafer Çağlayan, ministre turc de l’Économie.

Dans son intervention, M. Çağlayan a tenu a préciser l’envergure de la compagnie qui déclare sur sa communication couvrir plus de villes que ses concurrentes. «Ce serait une mauvaise perception de considérer uniquement l’inauguration de ce matin autour de la ligne Luxembourg-Istanbul. Nous ne devons pas oublier l’ouverture des connexions vers l’Afrique via Istanbul pour les passagers de Luxair avec qui nous entendons partager des vols.»

Intérêt pour la business class

Luxembourg est désormais la 234e destination de la compagnie turque fondée en 1933 et qui possède 222 avions. Quatre liaisons hebdomadaires seront assurées depuis Luxembourg vers Istanbul. «Nous envisageons d’augmenter la cadence des vols suivant le nombre de passagers», a déclaré Fernand Brisbois, directeur général de LuxAirport, gestionnaire des infrastructures du Findel.

Axée majoritairement sur les vols touristiques ou à vocations familiales, Turkish Airlines vise aussi la clientèle d’affaires. «Nous allons employer six personnes sur le site de l’aéroport du Findel, déclare Tuncay Eminoglu, general manager pour le Luxembourg. Les passagers business devraient représenter environ 40% de notre chiffre d’affaires.»

Deuxième arrivée en un an

Ces chiffres avaient de quoi réjouir les trois ministres luxembourgeois présents pour accueillir leur homologue. «Après Vueling en mai dernier, il s’agit du deuxième nouvel opérateur que nous accueillons en 2013. Nous devrions donc atteindre les deux millions de passagers d’ici à la fin de l’année», a noté Claude Wiseler, ministre du Développement durable et des Infrastructures, en charge des transports. 

La localisation d’Istanbul et son ouverture vers le proche et Moyen-Orient ainsi que l’Asie en général ont retenu l’attention de Françoise Hetto-Gaasch, qui s’est rendue sur place dernièrement pour une mission officielle. «Nous devons considérer l’importance d’Istanbul pour permettre aux touristes japonais ou chinois de visiter le Luxembourg», a ajouté la ministre du Tourisme.

Outre la performance de l’aéroport, les enjeux de cette inauguration sont également d’ordre économique et politique. «Nous sommes en quelque sorte jaloux de la Turquie et nous devons apprendre de son succès, a déclaré Étienne Schneider, ministre de l’Économie et du Commerce extérieur. Nous devons donc intensifier nos liens d’amitié avec le pays.»

Enjeux politiques

La logistique et le tourisme ne sont que deux des exemples de secteurs dans lesquels la collaboration pourrait s’intensifier. Le potentiel semble pour le moins intéressant pour le Luxembourg au vu des performances annoncées par le ministre turc.

«Nous sommes la sixième économie et la quatrième destination touristique européenne», a relevé Zafer Çağlayan. Un choix des mots à dessein puisque le représentant du gouvernement d’Ankara en a profité pour rappeler son attachement à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, en vue des négociations qui se rouvriront en octobre. «Une carte de l’Europe sans la Turquie serait incomplète», a-t-il noté en substance.

Les négociations diplomatiques dans ce dossier devraient être en partie influencées par l’évolution de la situation intérieure turque – non évoquée dans les discours officiels de ce matin – marquée par des manifestations contre le pouvoir en place. Des événements qui, s’ils se prolongent, pourraient aussi avoir une incidence sur la perception des touristes à l’égard du pays, bien que les manifestations ne concernent pas les sites que ces derniers fréquentent. Car, comme le mentionnait un des invités lors de l’inauguration, «les touristes ont besoin de tranquillité».