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Mesures protectionnistes

Trump met ses menaces à exécution



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Donald Trump viserait indirectement la Chine, tout en laissant la porte ouverte à des pays décrits comme alliés. (Photo: Flickr)

Les taxes annoncées par le président américain sur les importations d’acier et d’aluminium entreront en vigueur dans 15 jours.

Virage protectionniste. Le président américain Donald Trump a signé jeudi soir à la Maison Blanche les documents instaurant dans son pays des taxes sur les importations d’acier et d’aluminium. Les deux produits seront taxés respectivement à 25% et à 10%. 

Deux voisins des États-Unis, le Canada (son premier partenaire commercial et premier fournisseur d’acier) et le Mexique, en sont exemptés, en attendant le débouché des négociations sur l’Accord de libre-échange nord-américain. Selon plusieurs médias, un responsable de l’exécutif américain a indiqué que la porte restait ouverte pour les «pays amis» qui pourraient négocier une exemption.


Guerre commerciale en vue?

Pour justifier sa décision, Donald Trump invoque la «sécurité nationale». Une mesure qui avait déjà fait l’objet de critiques dans son propre camp alors qu’elle n’était qu’une menace. Son principal conseiller économique, Gary Cohn, a d’ailleurs démissionné mardi, car il était opposé à ces nouveaux droits douaniers. 

De menace, il était aussi question mercredi lorsque la Commission européenne avait déclaré travailler à une liste de produits américains qui seraient taxés en cas de passage à l’acte de Donald Trump.

«Il y a sur cette liste des produits en acier, industriels et agricoles. Certains types de bourbon en font partie, ainsi que d’autres articles, comme le beurre de cacahuète, les airelles et le jus d’orange», avait précisé Cecilia Malmström.

Et la commissaire européenne au commerce de déclarer dans la même conférence de presse que «personne ne sort vainqueur d’une guerre commerciale».

Elle a réagi jeudi soir en espérant que l’Union européenne puisse être épargnée par ces mesures:


Visiblement, Donald Trump n’aura pas tenu compte de l’appel des Européens qui estiment la facture de telles mesures à 2,8 milliards d’euros.

«Quelques bonnes raisons»

S’exprimant sur les ondes de RTL en France mercredi, Christine Lagarde a aussi partagé son inquiétude face à cette initiative qui remettrait en cause le commerce international: «Dans une guerre commerciale qui serait alimentée par une augmentation réciproque des tarifs douaniers, personne ne gagne», selon la directrice générale du Fonds monétaire international.

Tout en ajoutant que, «d’une certaine manière», «Donald Trump a quelques bonnes raisons de protester contre la situation actuelle. Il y a des pays dans le monde qui ne respectent pas forcément les accords de l’OMC, qui ont des exigences notamment en matière de transfert de technologies – on pense naturellement à la Chine, mais la Chine n’est pas le seul pays à avoir ce genre de pratiques.»