COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Ressources humaines

Business dresscode

Trouver chaussure à son pied



5267bd700d757_gallery_dresscode_1745.jpg

Do it! Oxford: la chaussure de ville par excellence. (Photo: Maison Moderne Studio)

Chaque entreprise et chaque secteur possèdent leurs codes vestimentaires. Codifiée de façon plus ou moins explicite, la chaussure joue un rôle majeur dans la présentation générale. De formes et de couleurs différentes, comment choisir ses «business shoes»? Le point avec Pascal Zimmer, expert en dress code.

Dans le milieu des affaires et de la banque, les tenues vestimentaires sont généralement très classiques. «Adopter un comportement irréprochable implique également d’avoir une présentation irréprochable.» La chaussure, élément stylistique à part entière, vient parfaire l’ensemble. «Un beau costume avec de vilaines chaussures n’aurait aucun impact. Dans un budget consacré à sa tenue professionnelle, la moitié devrait être dépensée pour une belle paire de chaussures.»

L’origine de la chaussure dans le business remonte au début du siècle dernier à Londres. «Les Anglais faisaient la différence entre l’habit de la ville et de la campagne. La plupart des hommes d’affaires avaient leur famille à la campagne où les chaussures, tout comme le costume, étaient de couleur brune. Alors qu’en ville, ils étaient noirs à cause de la pollution.»

Très tôt, la chaussure se veut élégante, avec un montage très fin. Les débords et les bords sont ténus. L’oxford, plus connue sous le nom de richelieu en France, s’impose comme chaussure de référence. «Cette chaussure se caractérise par son style de lacets cousus en laçage fermé sur cinq trous. C’est un dérivé de la oxonian, une demi-botte avec fentes latérales.»

À l’inverse, la chaussure derby, au style plus populaire, est connue pour son laçage ouvert. L’oxford se reconnaît aussi à son embout marqué, «soit brodé de deux rangées étroites de couture, soit perforé de trous». Cela n’est pas sans rappeler la brogue, autrement appelée chaussure à trous. «La brogue a un style perforé et dentelé. Elle permettait aux Écossais de faire évacuer l’eau des chaussures par les trous. Elle n’est pas adaptée au milieu professionnel, ne serait-ce que par sa couleur: brune, en rappel à la chaussure ghillie. En ville et dans le business, on privilégie le noir.»

Si l’oxford noire à lacets, avec semelle et débords fins, correspond à la chaussure parfaite, d’autres possibilités existent. La monkstrap ou monk, modèle de base des chaussures basses pour hommes, se laisse combiner avec tous les styles d’habit. «La coupe de la monk ressemble à celle de la derby, mais à la place du laçage, la chaussure est refermée par une bride ou un rabat. On appelle la monk également Mönchsriemen ou Mönchssandale (lanière de moine ou sandale de moine) dans les pays germanophones. On pense que l’origine des monks se trouve dans les chaussures des moines. Mais il n’existe pas de preuve.»

Le loafer, terme anglo-américain qui désigne une chaussure de type mocassin, est généralement porté dans les événements sportifs. «Le penny loafer est un mocassin pourvu d’une patte décorative au-dessus du plateau dans laquelle les étudiants américains glissent une pièce porte-bonheur.» Cette chaussure sans système de fermeture de type boucle ou lacet est acceptée si, comme les autres, elle est noire.

Car la règle générale, c’est bien cela: «black is black.» Quel que soit le type de chaussure, l’erreur à éviter absolument est de choisir des chaussures colorées.«Il ne faut pas oublier de faire du ton sur ton.»

Cela vaut pour les chaussettes dont la couleur doit être la prolongation de la chaussure: sobre. «On peut se permettre du gris ou bleu foncé mais les couleurs vives pourraient heurter. Ce qui est intolérable, ce sont les dessins ou les marques. Il ne s’agit pas de faire de l’humour ou de la publicité. Et encore moins de montrer ses mollets! Car on couvre toujours ses poils.»