ENTREPRISES & STRATÉGIES — Architecture + Real Estate

Forum DTZ

Trop de bureaux



Jean-Pierre Lequeux: «Plusieurs projets n’ont pas été lancés et le marché va s’autoréguler.» (Photo: Julien Becker/archives)

Jean-Pierre Lequeux: «Plusieurs projets n’ont pas été lancés et le marché va s’autoréguler.» (Photo: Julien Becker/archives)

Le forum sur l’immobilier luxembourgeois organisé par DTZ met en perspective les tendances du moment. L’immobilier professionnel présente un taux de vacance anormal et des investissements au ralenti. 

La société de conseil en immobilier, DTZ, organisait ce mercredi après-midi son forum annuel sur l’immobilier. Après avoir bénéficié de l’analyse macroéconomique de Claude Schettgen, vice-président de HSBC Private Bank à Luxembourg, les débats, peu animés, se sont orientés vers le marché immobilier professionnel au Grand-Duché. Jean-Pierre Lequeux, directeur général de DTZ Luxembourg, a alors livré les dernières tendances d’un marché se dirigeant, à moyen terme, vers un équilibre offre-demande après des livraisons massives dans un contexte de récession économique.

Concernant les tendances géographiques de l’immobilier professionnel, M. Lequeux souligne l’intérêt croissant des entreprises pour deux quartiers en particulier: la gare, afin de profiter des facilités d’accès via les transports publics, et la Cloche d’Or. En 2010, deux des huit plus grosses transactions locatives ont été effectuées dans ces quartiers, respectivement Novopar à la gare et la Commission européenne à Gasperich.

Néanmoins, les transactions majeures en termes de location continuent de se dérouler au Kirchberg et dans le Central Business District, de loin les plus gros stocks en immobilier professionnel. BGL BNP Paribas a d’ailleurs réalisé la plus grosse affaire en louant 6.000 m² au Kirchberg pour y regrouper ses activités et ses effectifs.

Une vacance locative élevée

Ces transactions ne doivent pas occulter un taux de vacance locative anormalement élevé pour le Luxembourg. Sur ce marché, 7,2% des 3 millions de mètres carrés restent disponibles. Les livraisons d’immeubles de 2010 ont contribué à l’accroissement de ce taux. Les occupants ont donc plus de choix et en profitent pour négocier les termes de leur occupation. «Les promoteurs n’y étaient pas habitués», sourit le directeur de DTZ. Il ne résulte pas pour autant de correction sur le loyer maximum, toujours autour de 40 euros par mois par mètre carré, mais les loyers sont de plus en plus accompagnés d’incitatifs, la mode étant d’offrir un mois de loyer par année de bail ainsi que des contributions aux aménagements intérieurs.

L’analyse prospective de M. Lequeux tombe, «plusieurs projets n’ont pas été lancés et le marché va s’autoréguler si la prise en occupation continue à ce rythme, ce qui devrait absorber une partie du stock». Par ailleurs, le gouvernement n’autoriserait plus de développement de bureaux dans des zones non prévues à cet effet, comme ce fut le cas à Leudelange où la mixité de projets est très forte.

Des investissements en sommeil?

Selon les chiffres de DTZ fraîchement tombés, l’année devrait s’achever avec plus ou moins 120 millions d’euros  investis dans l’immobilier. Ce qui est très faible au regard de l’année passée. Ce faible volume tiendrait au manque de produits offerts sur le marché. A la raréfaction des liquidités s’ajouterait le fait que les investisseurs ne retrouvent pas leurs besoins dans l’offre luxembourgeoise. Cette stagnation devrait encore durer de 6 à 12 mois. Claude Schettgen apporte malgré tout une note d’optimisme: «On a beaucoup d’atouts mais on ne l’a jamais dit» et invite les acteurs de l’immobilier à se rendre «à l’étranger pour parler aux gens». Selon l’intéressé, les agents économiques vont, pour se protéger contre l’inflation, investir massivement dans le tangible et la pierre en particulier.