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Selon la Chambre des salariés (CSL)

Travail et vie privée: un difficile équilibre



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Selon l'étude, un tiers des salariés doivent faire preuve – via leur smartphone – de disponibilité envers leur entreprise en dehors de leurs heures de travail. (Photo: DR)

Le dernier Quality of Work Index de la Chambre des salariés Luxembourg (CSL) révèle que les heures supplémentaires non payées et la joignabilité dont doivent faire preuve certains salariés sont génératrices d’un stress supplémentaire pouvant conduire au burn out.

La Chambre des salariés Luxembourg vient de publier les résultats du dernier Quality of Work Index, sorte d’inventaire du sentiment des salariés vis-à-vis de leur travail réalisé sous la forme d’un sondage et auquel collabore l’Université du Luxembourg.

Publié pour la troisième année consécutive, il démontre que l’évaluation de la qualité du travail et des conditions de travail par les quelque 1.500 salariés – résidents et frontaliers – qui ont été interrogés est en légère baisse, passant sur une échelle de 0 à 100 de 59,0 en 2013 à 57,5 l’an dernier et à 57,0 cette année.

Consacré notamment au temps de travail et à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, le Quality of Work Index 2015 rappelle tout d’abord que si 81% des salariés au Luxembourg occupent un emploi à temps plein, ce sont plus souvent des hommes (95%), que des femmes (61%).

Heures supplémentaires

En matière d’heures supplémentaires non payées, les hommes seraient aussi plus nombreux à en prester que les femmes, notamment dans les professions de service et de vente, chez les cadres de direction et les gérants, ainsi qu’auprès des professions intellectuelles et scientifiques.

Dans ces métiers, la pression du temps et du travail serait plus importante que pour d’autres groupes professionnels, laissant apparaître le fait que la prestation d’heures supplémentaires ne conduirait en aucun cas à un soulagement de la pression du temps au travail.

Joignabilité

L’enquête de la CSL révèle également qu’être joignable en dehors de son lieu de travail est générateur d’un stress supplémentaire. Un tiers des salariés tombent sous cette forme de disponibilité et 60% d’entre eux reconnaissent devoir presque toujours ou très souvent travailler dans la précipitation et sous la pression du temps.

Ce constat aurait en outre des répercussions sur la vie privée des salariés puisque ceux devant faire preuve de joignabilité en dehors du travail sont deux fois plus nombreux à avoir des difficultés à concilier vie professionnelle et vie familiale que les autres.

Stress et sommeil

«De manière générale, la pénétration du travail dans la vie privée – par les heures supplémentaires non payées et la joignabilité en dehors du travail – implique une augmentation du sentiment de travailler sous pression et dans la précipitation, et donc du stress lié au travail», souligne l’étude qui met encore en lumière un lien entre la fréquence déclarée de travailler sous pression de temps et le nombre d’heures de sommeil indiqué en moyenne par les salariés.

«En effet», conclut-elle, «le nombre d’heures de sommeil diminue avec l’augmentation de la fréquence d’exposition au travail sous contrainte de temps».

À ce sujet, la CSL rappelle que des études ont démontré que l’association du sentiment de stress et du manque de sommeil était un facteur prédictif puissant du burn out, le syndrome d’épuisement professionnel.