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Biennale d’architecture de Venise

Transition en vue



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Les curators ont constitué une importante archive visuelle du Luxembourg contemporain pour réaliser cette exposition. (Photo: Matteo de Fina)

Le pavillon luxembourgeois a ouvert ses portes à la 15e Biennale d’architecture de Venise. Sous le titre Tracing Transitions, les curators dessinent à la Ca’ del Duca les chemins possibles pour améliorer le problème du logement que nous connaissons actuellement.

Le commissaire général Alejandro Aravena, architecte chilien, a choisi comme thématique pour la Biennale d’architecture 2016 «Reporting from the front». À travers ce statement, il invite les pavillons nationaux à présenter des solutions développées dans leurs pays respectifs pour faire face à un problème spécifique. Plutôt que de se concentrer sur les problèmes, il propose de mettre en valeur les solutions et les pistes d’amélioration possibles. Cette biennale a ainsi comme ambition de montrer aux visiteurs que la qualité de vie de tous peut être améliorée grâce à des combats menés sur le front de notre environnement bâti.

Aussi, les curators luxembourgeois, sélectionnés sur dossier par le Luca Luxembourg Center for Architecture – organisateur de l’exposition du pavillon –, ont choisi de se pencher sur la question du logement, question ô combien sensible actuellement au Luxembourg. Claude Ballini, Serge Ecker, Daniel Grünkranz et Panajota Panatopoulou forment un groupe pluridisciplinaire puisque l’un est architecte-urbaniste, l’autre artiste, et les deux derniers, architectes et théoriciens de l’architecture.

«Nous avons souhaité présenter les initiatives qui sont en cours sur notre territoire pour essayer de trouver des solutions qui répondent à cette pénurie de logements et au manque d’habitats équitables et durables, explique Serge Ecker. Il s’agit de relever les projets qui œuvrent au changement, qui vont permettre cette ‘transition’. Pour nous, cette question est le ‘front’ où il faut mener le combat.»

À cette fin, ils ont conçu une installation tridimensionnelle sur laquelle sont projetés des documents, des témoignages visuels. «Nous avons élaboré une importante base documentaire, notamment visuelle, qui permet de présenter aux visiteurs de Venise qui ne connaissent pas le Luxembourg une vision réelle et actuelle de notre pays, très différente de la vitrine Unesco ou d’une ville de banques», détaille Serge Ecker.

En cinq stations, une par salle, ils parviennent à dresser un portrait-robot de notre situation et des solutions et réflexions qui sont actuellement cours. «Nous avons réalisé un certain nombre d’entretiens avec différents acteurs impliqués dans cette thématique, qu’ils soient issus du milieu universitaire, de la société civile ou du monde politique», ajoute Panajota Panatopoulou.

«Nous en avons retenu les idées les plus fortes et les présentons au fil de l’exposition. Il en ressort un réseau de personnes qui soutiennent ces différentes initiatives.»

Plus que des nouveaux bâtiments, il s’agit de mettre en avant les réseaux qui se créent, les initiatives individuelles qui servent la communauté. Claude Ballini: «L’exposition témoigne de plusieurs types d’approches qui sont des réponses concrètes à des besoins et qui ne sont pas nécessairement traduites dans des bâtiments spécifiques. Nous ne cherchons pas à mettre en avant une architecture particulière, mais plutôt des démarches qui sont le résultat de processus créatifs. Ce n’est pas l’environnement bâti qui est formaté, mais plutôt les manières d’habiter. Il faut donc trouver de nouvelles manières de s’approprier l’espace.»

Après Venise, l’exposition sera présentée à Luxembourg. Ce sera alors le moment pour lancer concrètement la discussion avec les citoyens et les différents acteurs locaux concernés afin de faire avancer le débat. Du moins espérons-le, car la maison est en feu!

Jusqu’au 27 novembre, de 11h à 19h (fermé le mardi),
www.tracingtransitions.lu. Un catalogue est également édité en complément de l’exposition.