PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fonds

Automatisation des processus

Traitement des ordres: «Des gains estimés à 30%»



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Olivier Portenseigne (Fundsquare) et David Gray (Numen): «Une plus grande fluidité des traitements». (Photos: Fundsquare et Numen)

L’infrastructure de marché Fundsquare s’est associée à Numen Europe, spécialisée dans le traitement documentaire, pour le traitement des ordres envoyés par fax. Olivier Portenseigne, chief commercial officer chez Fundsquare et David Gray, general manager de Numen Europe, en expliquent les enjeux.

Messieurs, Fundsquare et Numen viennent de signer un partenariat pour la mise en œuvre d’une solution de traitement d’ordres manuels en communication électronique. De quoi s’agit-il exactement?

David Gray: «L’Industrie des fonds, comme beaucoup d’autres, est confrontée à d’importantes tâches réalisées manuellement, la mettant parfois à mal par rapport à d’autres régions où le coût de la main d’œuvre est bas.

Nos services d’extraction d’information provenant de documents non structurés, comme les transferts, répondent parfaitement à la problématique rencontrée ici par les acteurs de ce secteur, que ce soit les distributeurs, investisseurs, asset managers ou agents de transfert. Nous leur apportons une plus grande flexibilité, productivité, qualité avec – bien entendu – un business case intéressant.

Du reste, prenant en compte le cadre règlementaire existant au Luxembourg et le fait que certaines données et les traitements associés ne peuvent quitter le territoire conformément aux directives de la CSSF, il est important que nous puissions apporter d’autres moyens à ces secteurs afin de conserver une certaine compétitivité. Nous sommes évidemment aussi à même de proposer ces services depuis nos bases off-shore lorsque le cadre règlementaire le permet.

Comment cela va-t-il se mettre concrètement en place de manière opérationnelle? 

Olivier Portenseigne: «L’apport d’un service complet, comprenant la transformation d’ordres reçus par fax en message électronique ainsi que leur envoi en format ISO via des réseaux sécurisés, est unique à notre connaissance.

Les transactions envoyées par fax représentent plus de 20% du marché au Luxembourg et en Irlande, près de 6,5 millions d’ordres sont encore reçus par ce biais par les fonds via leurs agents de transfert. Il était donc essentiel, en tant qu’infrastructure de marché, de développer, avec un partenaire de premier plan, un service pouvant amener le marché vers une automatisation quasi totale visant à réduire grandement les risques et les coûts liés à cette activité.

Le service d’order management fourni initialement par Fundsquare est opérationnel depuis juillet 2013 et est déjà en place avec un nombre important de clients et de contreparties, qu’ils soient sociétés de gestion, distributeurs de fonds ou agents de transfert.

La valeur de cette coopération avec Numen réside dans la combinaison de leur capacité à extraire les données des documents reçus, à les enrichir en s’appuyant sur notre base de données ‘fonds’ et à envoyer ces transactions via notre connectivité existante avec les agents de Transferts. La solution est donc opérationnelle et son implémentation relativement simple, puisqu’il s’agit pour la société de gestion d’indiquer un nouveau numéro de fax où les investisseurs pourront envoyer leurs ordres.

Avez-vous une estimation des gains qu’une telle solution de traitement documentaire est susceptible de générer? 

O. P.: «Si nous considérons la chaîne de bout en bout, on peut estimer les gains à 30% mais ceux-ci ne se limitent pas uniquement aux aspects financiers, même si cela reste un facteur important. En effet, les gains peuvent être significatifs lorsque l’on y ajoute la réduction des pertes opérationnelles liées au traitement manuel des transactions reçues par fax.

Grâce à cette nouvelle approche, nous garantissons une plus grande fluidité des traitements, en exécutant ces opérations d’extraction de données plus rapidement à travers un portail unique donnant, aux sociétés de gestion, toute la transparence nécessaire sur le processus.

D. G.: «D’ici le mois de décembre, nous serons pleinement opérationnels avec les premiers flux à traiter. Nous recevrons ainsi des milliers de fax desquels nos systèmes et processus de traitement vont extraire les transactions qui seront envoyées vers les agents de transfert en temps réel pour y être opérées.»