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Nucléaire belge

Tihange 2, cible des communes frontalières



Le réacteur 2 de Tihange, atteint de microfissures, continue de faire peur dans les communes frontalières. (Photo: Licence C.C.)

Le réacteur 2 de Tihange, atteint de microfissures, continue de faire peur dans les communes frontalières. (Photo: Licence C.C.)

Une étude autrichienne sème à nouveau le doute sur la sécurité des centrales nucléaires belges. Elle pousse de nombreuses communes frontalières, allemandes, néerlandaises et luxembourgeoises, à mener une action en justice contre Tihange 2, en service malgré la détection de microfissures au niveau de la cuve.

La pression reste forte sur les centrales nucléaires belges. Leur âge et les problèmes à répétition qu’elles connaissent inquiètent fortement les pays voisins, qui seraient fatalement impactés en cas d’accident nucléaire à Tihange ou Doel.

Ce jeudi, on a appris par le biais du quotidien flamand Het Nieuwsblad que 90 communes allemandes, néerlandaises et luxembourgeoises, frontalières de la Belgique, se préparent à entamer une action en justice afin de contraindre Engie-Electrabel et l’Agence fédérale belge de contrôle nucléaire (AFCN) de fermer le réacteur Tihange 2.

C’est en effet dans ce réacteur, ainsi que dans celui de Doel 3, qu’ont été découvertes des microfissures en 2012. Longtemps mis à l’arrêt, le temps d’une enquête approfondie, ils ont finalement été à nouveau autorisés à fonctionner.

Des risques importants

Cette fois, c’est sur base d’une nouvelle étude autrichienne que des voix se font entendre. Selon le quotidien belge, des experts de l’Institut des sciences de la sécurité et des risques de Vienne mettent en avant les conséquences pour les régions frontalières en cas de nuage radioactif. La région d’Aix-la-Chapelle encourt un risque de 10% de devenir totalement inhabitable.

Or, selon cette étude, des risques persistent bel et bien quant à la sécurité de l’ensemble du parc nucléaire belge.

Tihange 2, située entre Namur et Liège, a repris ses activités en novembre 2015. Une décision peu appréciée, notamment au Luxembourg. À la mi-janvier, le secrétaire d’État au Développement durable, Camille Gira, s’est rendu à Bruxelles pour faire part des craintes de la population grand-ducale.

Plaintes multiples

À cette époque, des villes comme Maastricht (Pays-Bas) et Aix-la-Chapelle (Allemagne) avaient déjà entrepris des démarches pour faire fermer ces réacteurs. En juin dernier, c’est le bourgmestre de Wiltz, Frank Arndt, qui annonçait son intention de se joindre – au nom d’une trentaine de communes – à une plainte que la région urbaine d’Aix-la-Chapelle préparait vis-à-vis des autorités belges.

Jusque-là, la ligne d’Engie-Electrabel est de marteler que ces centrales font l’objet de multiples contrôles et sont parmi les plus sûres au monde.