ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Après 25 ans de présence au Luxembourg

Telindus se donne une nouvelle mission



Paperjam

Telindus Luxembourg, la première filiale du groupe belge à être implantée à l'étranger, fête ses 25 ans. Ces dernières années, l'entreprise a pris conscience du risque de concentrer son approche sur un secteur économique ou sur un domaine spécifique. 

"A l'époque, c'est la diversification de l'Arbed - aujourd'hui Arcelor-, actionnaire à 35% de Telindus Luxembourg, désirant diversifier ses activités et interconnecter les centres informatiques de ses différents sites, qui a poussé feu John Cordier, fondateur en 1969 de Telindus Belgique, à ouvrir cette filiale", explique Armand Meyers, directeur général de Telindus Luxembourg, dans la société depuis 1980.

En outre, Telindus Belgique, spécialisée à l'époque en télécommunications, cherchait à étendre ses activités pour mieux répondre aux besoins de ses premiers clients internationaux à Luxembourg - les Communautés européennes et l'opérateur bancaire Swift.

La filiale luxembourgeoise peut être la fierté du groupe, réalisant un chiffre d'affaires qui a de quoi faire pâlir les autres entités. "Le partenariat local a permis un développement plus important que dans d'autres pays. Telindus Luxembourg a réalisé 57 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2003, pour 518 millions pour le groupe (11% du chiffre d'affaires du groupe et 25% de l'organisation Benelux), soit autant que ce que Telindus a réalisé aux Pays-Bas ou en France. Notre chiffre d'affaires a triplé entre 1990 et 2001. Nous sommes relativement important par rapport à la taille du pays, dû à un enracinement local', explique Gérard Hoffmann, président du conseil d'administration et administrateur-delégué de Telindus Luxembourg.

Et M. Meyers d'ajouter: "Telindus Luxembourg est très autonome et bénéficie d'une grande liberté d'action pour développer ses propres solutions pour le marché luxembourgeois. Nous disposons de centres de compétences qui développent des solutions pour le Luxembourg mais également pour les autres pays où Telindus est présent".

C'est ainsi que Telindus exploite trois centres de compétences pour le groupe: le conseil en matière de sécurité informatique et des télécommunications; systèmes et applications, dont surtout la gestion opérationnelle à distance; et la gestion du contenu, à partir du département eSolutions.

Pour Telindus, le Luxembourg constitue un peu le marché test dans ces domaines, avec des contraintes élevées imposées par les banques et les institutions européennes.

Jusqu'en 2001, le portefeuille client de Telindus se partageait entre le secteur financier, à 50%, industriel et les PME, 25%, et le gouvernement, ce qui était atypique dans le groupe de réaliser une si grosse part du chiffre d'affaires provenant des banques. Depuis 2002-2003, la tendance est devenue plus en phase avec la réalité du groupe, ces trois secteurs représentant chacun environ 1/3 du chiffre d'affaires de la filiale luxembourgeoise, explique Christian Haux, directeur commercial.

"Deux facteurs sont à l'origine de ce changement de situation, ajoute-t-il: les effets du ralentissement économique qui ont contraint les clients du secteur financier à un contrôle de leurs coûts; et l'adaptation de Telindus à la nouvelle donne, notamment en terme d'organisation, de contenu de l'offre et de compréhension des besoins des différents secteurs de marché".

"A l'époque de l'implantation de Telindus au Luxembourg - avec seulement trois personnes -, nous nous trouvions sur le secteur des télécommunications pures et dures, souligne M. Meyers. La technologie était au coeur des débats, alors qu'aujourd'hui, ce sont les processus, l'organisation, la qualité, le retour sur investissement qui priment souvent". Depuis 1985, Telindus propose des solutions globales en télécommunications et en informatique, une direction qui ne sera prise que plus tard par le groupe. A cette époque, la société compte alors 70 employés; aujourd'hui, elle en emploie 320.

"Les TIC sont devenus aujourd'hui un réel outil d'amélioration de la productivité dans les économies nationales. Nous avons dû élargir nos compétences pour ne plus parler que de prix mais de retour sur investissement, souligne M. Hoffmann. C'est le secteur qui a le plus évolué ces 25 dernières années".

L'avenir passera par l'outsourcing

"La taille du marché est déjà importante, quelles sont les perspectives de croissance pour le futur", se demande le président de Telindus. Ces dernières années, l'entreprise a mesuré combien il était risqué de concentrer son approche soit sur un secteur économique soit sur un domaine spécifique. "D'une part, nous étendons la géographie, nous l'avons fait en Grande Région, d'autre part, nous exportons notre compétence dans le réseau du groupe". Telindus a lancé ses activités sur l'Alsace-Lorraine en février dernier avec l'ouverture d'une succursale à Strasbourg et cette année à Sarrebruck.

Après 25 années d'existence, Telindus s'est donnée une nouvelle mission: devenir le "Trusted Adviser & Sourcing Partner" de ses clients. Cette mission s'inscrit dans une stratégie à part entière du groupe: le FLAGSHIP 2006. "Mis en oeuvre en mars 2004, ce concept entend accroître le chiffre d'affaires des services dans le but de répondre à la demande du marché pour plus de conseil et de sous-traitance et d'améliorer les marges de rentabilité de Telindus, explique Gérard Hoffmann. Les études de marché économiques annoncent que la plus grande croissance ira vers le marché de l'outsourcing et la consultance, poursuit-il. Nous pensons que le marché luxembourgeois ira aussi dans ce sens".

Aujourd'hui, le nouveau management du groupe veut intégrer les entités à ce dernier pour être plus homogène. "En terme d'activité, nous ambitionnons d'augmenter la part des services. Pour y parvenir, nous misons sur des offres standardisées, du packaging. L'organisation régionale annoncée récemment pour le groupe, d'intégrer Luxembourg dans le Benelux, permettra de développer un peu les services", poursuit M. Hoffmann.

"Actuellement, l'outsourcing est encore moins développé que dans les autres pays mais cela viendra. Nous pensons que le conseil et la gestion vont gagner en importance. C'est vers quoi va évoluer le marché. Nous devenons une société de services, nous nous orientons davantage vers des solutions complètes. Le chiffre d'affaires en services autour de l'infrastructure augmente sensiblement depuis quelques années alors que la fraction revente de matériel devient en conséquence relativement moins importante. Il y a 5 ans, le service représentait 25% du chiffre d'affaires, nous sommes aujourd'hui à 40% et ambitionnons de dépasser les 50% en 2005", prédit-il. En trois ans, Flagship 2006 doit transformer Telindus en un spécialiste international indépendant dans le domaine des solutions et des services TIC.

Le statut de PSF que devrait obtenir, l'an prochain, Telindus pour CF6, société de consultants en informatique qu'elle a racheté en 2000, pourra être une porte d'entrée pour davantage d'outsourcing dans le secteur financier.