COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Ressources humaines

Analyse

Tant qu’il y aura des collaborateurs



Pour Sebastian Eberwein, les changements extérieurs imposent aux entreprises de s'adapter. (Photo: Julien Becker)

Pour Sebastian Eberwein, les changements extérieurs imposent aux entreprises de s'adapter. (Photo: Julien Becker)

L’avenir d’une entreprise et sa croissance sont question d’innovation, de services… et de moyens financiers. Pour Sebastian Eberwein, managing partner de 
FranklinCovey, les compétences humaines sont un aspect clé de la réussite, pourtant trop souvent 
reléguées au second rang.

Monsieur Eberwein, avez-vous observé des évolutions dans votre activité?

«Avant la crise, nos clients ne considéraient pas comme indispensable de passer par nos services pour développer les compétences générales (personnelles, relationnelles, organisationnelles et techniques) de leurs collaborateurs. Ils choisissaient une formation qu’ils proposaient à certains de leurs employés, sans nécessairement cibler ces derniers. Ils avaient les budgets alloués et se montraient donc moins regardants. La crise a rebattu les cartes et, avec la baisse des budgets, nombre de sociétés ont d’abord cessé de nous solliciter. Puis, elles ont réfléchi à leurs besoins, ciblant plus précisément les collaborateurs à former, majoritairement des managers et autres cadres dirigeants. Elles ont demandé des formations bien spécifiques tournées vers un volet coaching de plus en plus important. Nous accompagnons ainsi les personnes clés d’une entreprise sur la durée afin qu’elles appréhendent le management de manière innovante. Nous les préparons au changement…

Quelle est votre perception du marché à court et moyen termes?

«Les changements extérieurs, économiques, sectoriels ou réglementaires, imposent aux entreprises de s’adapter et d’intégrer ces changements dans leur organisation. C’est nécessaire, sous peine de disparaître. Nous constatons tout de même que certaines sociétés préfèrent jouer la prudence, par manque de budget essentiellement. A contrario, d’autres sont prêtes à investir et préparent leurs cadres à innover d’un point de vue organisationnel afin de se préparer aux évolutions du marché. Elles font à mon sens le bon choix, celui de la pérennité et de la croissance. D’ailleurs, les entreprises qui s’inscrivent ainsi dans la durée sont, au fil des mois, de plus en plus nombreuses. Nos clients sont essentiellement de grosses sociétés ou des PME de taille importante, mais des entités plus petites font aussi appel à nous. Je pense que, à terme, la différence entre des entreprises de même secteur d’activité et de même taille se verra aux compétences de leurs collaborateurs.

Et vous, connaissez-vous des difficultés à engager de bons collaborateurs?

«Nos coachs formateurs sont des indépendants avec lesquels nous travaillons dans la durée. Nous sommes toujours à la recherche d’éléments de qualité qui peuvent se prévaloir d’une expérience de vie et d’expériences professionnelles convaincantes. Ils doivent également maîtriser les principes fondamentaux que nous transmettons à nos clients (les sept principes mis en avant par Stephen R. Covey afin de gagner en proactivité, en prise de responsabilité, etc.). Avant de collaborer avec nous, ils suivent une formation. Au Luxembourg, nous avons un pool d’environ 10 collaborateurs indépendants réguliers. Nous n’avons pas de réelle difficulté à nouer des partenariats avec des coachs compétents, que nous recrutons à l’international.

Que changeriez-vous pour favoriser le secteur?

«Si j’en avais la possibilité, je ferais en sorte que, notamment dans les grandes sociétés, l’organisation et le management soient moins rigides. J’aimerais qu’elles orientent leurs choix organisationnels en tenant compte en premier lieu des réalités du terrain, aux besoins réels du marché plutôt qu’en ne voyant le marché que par le petit bout de la lorgnette, par les comptes et les finances. Du coup, je souhaiterais que les grandes entreprises mettent les moyens à bon escient: il en va des compétences organisationnelles et humaines de leurs collaborateurs et donc du devenir de leur société.»