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Supercard vers la liquidation 



Paperjam

Le projet Supercard semble avoir vécu. La société Big Time est en effet sur le point de liquider une affaire qui avait démarré il y a moins d'un an, avec d'ambitieux objectifs.

"Nous ne déposons pas le bilan, nous liquidons", a bien tenu à préciser Charel Rumé, le directeur financier de la société Big Time, qui a sèchement démenti tout "ragot" de dépôt de bilan ou autre faillite. "Nous allons clôturer la société et payer toutes les charges et les salaires", a-t-il ajouté, précisant que de plus amples informations seraient communiquées la semaine prochaine.

C"est au début du mois de février 2005 que la carte de fidélité orange Supercard avait débarqué sur le marché luxembourgeois. Un lancement qui couronnait sept ans de réflexion et plus d'un an de développement intensif. Un peu moins d'un million d'euros avait été investi dans ce projet développé, entre autres, en partenariat avec Atos Worldline, fournisseur du terminal et du système de lecture de la carte. Big Time n'avait pas souhaité, au commencement, travailler en partenariat avec Cetrel, afin de "conserver une certaine indépendance", nous avait expliqué le directeur de la société, Robert Funk.

Le concept de Supercard était de développer un système de carte de fidélité unique pour plusieurs magasins différents. L'utilisateur, qui obtenait cette carte gratuitement, se voyait créditer d'un point pour chaque cent d'euro dépensé, sur base d'une remise - variable - accordée par chaque commerçant. Il se constituait ainsi une cagnotte qu'il pouvait ensuite convertir en cadeau auprès des différents partenaires commerciaux, avec la possibilité de cumuler le total de plusieurs cartes au moment du décompte de points.

Plus de 70 enseignes représentant plus de 100 points de vente figuraient dans la liste des partenaires commerciaux de Supercard. "Avec plus de 100 commerces partenaires et plus de 20.000 membres, la Supercard, en 6 mois d'existence, connaît un succès hors du commun', pouvait-on lire dans l'éditorial de la dernière édition (octobre 2005) du magazine Supermag.

Un succès "hors du commun', certes, mais très loin des ambitions de départ, puisque la société souhaitait arriver "le plus vite possible" à un total de 200 points de vente, répartis sur tout le territoire du Luxembourg, et convaincre 100.000 utilisateurs en l'espace d'une année. "Nous visons un maximum de 180.000 utilisateurs", nous avait même indiqué Robert Funk, qui justifiait ses ambitions au vu du nombre de foyers au Luxembourg (180.000), de travailleurs frontaliers (110.000) et de consommateurs occasionnels (80.000).

Il y a quelques semaines, M. Funk avait quitté ses fonctions à la tête de Big Time, signe avant-coureur que le Superflop était tout proche...