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Succession planifiée



Le Luxemburger Wort, figure emblématique du groupe Saint-Paul, prépare sa stratégie de modernisation et de rajeunissement. (Photo: Luc Deflorenne)

Le Luxemburger Wort, figure emblématique du groupe Saint-Paul, prépare sa stratégie de modernisation et de rajeunissement. (Photo: Luc Deflorenne)

Léon Zeches, le numéro Un du groupe Saint-Paul, a été sommé d’officialiser sa succession. Paul Lenert et Marc Glesener, successeurs désignés, prendront leurs fonctions en décembre... 2010.

Le 16 juillet dernier, la direction du groupe de presse luxembourgeois Saint-Paul a publié une note interne réglant notamment la succession de Léon Zeches, administrateur délégué, directeur général et rédacteur en chef du Luxemburger Wort. Paul Lenert, l’actuel directeur général adjoint, s’y voit confirmé comme successeur au poste de directeur général et, dans le même temps, nommé directeur adjoint du journal. Pour sa part, le rédacteur en chef adjoint Marc Glesener y est promu rédacteur en chef délégué du Wort.

Mais Léon Zeches conserve l’ensemble de ses attributions «jusqu’au moment de son départ à la retraite», c’est-à-dire en décembre 2010. Né le 27 décembre 1942, M. Zeches aurait dû quitter ses fonctions en décembre dernier, mais un avenant à son contrat lui avait permis de rempiler jusqu’en 2010.

Selon l’édition du Den neie Feierkrop parue la semaine suivante, cette annonce interne aurait été publiée sous la pression du conseil d’administration du groupe. L’hebdomadaire satirique paraissant le vendredi explique cette «promotion rapide» de Marc Glesener – un ex-secrétaire général du parti chrétien social (CSV) – par ses affinités avec le ministre Jean-Louis Schiltz, également CSV, mais qui est aussi le neveu de Mathias Schiltz, vicaire général et président du conseil d’administration du groupe Saint-Paul.

Responsabilités clarifiées

Ce dernier nous précise les motivations de cette note et les objectifs sous-jacents. «La note clarifie les responsabilités et compétences futures, tant au niveau de la direction des publications, que de la rédaction en chef du Luxemburger Wort», explique-t-il. Sa finalité semble cependant bien plus stratégique: «L’objet principal de cette note est la communication d’un plan stratégique, arrêté par le Conseil d’administration, afin d’adapter les structures d’organisation de l’entreprise aux défis actuels et à venir. Ce plan comprend une multitude de mesures de développement, de réorganisation et d’optimisation».

En outre, le texte annonce qu’en marge du comité de direction, chargé principalement de la gestion de l’entreprise, un comité éditorial statutaire est mis en place, destiné à «se concerter sur tous les aspects rédactionnels et de contenus du groupe de médias Saint-Paul». Ensemble, les deux comités doivent désormais participer à l’administration du groupe.

Ces changements préfigurent-ils une stratégie de modernisation et de rajeunissement du groupe et de son lectorat? «Il est évident que les mesures arrêtées s’inscrivent d’ores et déjà dans une telle stratégie. Nous avons, comme toute entreprise qui se respecte, le souci permanent de moderniser nos structures et d’assurer la relève de nos cadres», précise Mathias Schiltz. De leur côté, ni Marc Glesener ni Léon Zeches n’ont donné suite à nos contacts.

Il est à noter que ce bouleversement annoncé intervient quelques semaines après la publication des résultats 2007/2008 sur l’audience officielle des médias luxembourgeois, par TNS Ilres Plurimedia. Les résultats du groupe de Gasperich y étaient pour le moins mitigés. Si le Wort conserve en effet son rang de premier quotidien national, son taux de pénétration (lectorat moyen par période de parution) marque, avec 44,4%, un recul de 4,5% par rapport à la période 2006/2007. Un repli que n’atténue pas la progression de 1,5% de La Voix du Luxembourg (de 6,5% à 6,6%).

C’est sur le segment des «gratuits» que Saint-Paul est le plus touché. Sur la période janvier-mai 2008, son Point 24 y affiche une pénétration deux fois moindre que L’essentiel (Editpress/Tamedia): 12% contre 23,7%. L’impact financier de cet échec éditorial ne sera mesuré, pour l’ensemble du groupe, qu’au terme de l’année, mais des réflexions sont d’ores et déjà en cours pour redresser la situation.