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Succès annoncé pour le Black Friday



Le Black Friday est un phénomène à la fois dans le commerce en ligne, mais également dans les boutiques «physiques». (Photo: Shutterstock)

Le Black Friday est un phénomène à la fois dans le commerce en ligne, mais également dans les boutiques «physiques». (Photo: Shutterstock)

Le Black Friday (vendredi noir) ne connaît pas la crise au Luxembourg et chez ses voisins. Les commerçants sont de plus en plus nombreux à y adhérer. Sans doute car les clients sont de plus en plus intéressés.

Qu’on aime cela ou pas, le Black Friday est une nouvelle mode venue en droite ligne des USA, et qui connaît un énorme succès en Europe. De l’autre côté de l’Atlantique, cela fait des lustres que le lendemain de la Thanksgiving est consacré au shopping. Les commerçants en profitent donc pour proposer des réductions sur les produits. C’est en 2010 que le phénomène est arrivé en Europe. Timidement, d’abord, avant d’exploser via le commerce en ligne. Et depuis 2014, les commerçants «physiques» aussi multiplient les initiatives pour attirer le client dans leur boutique.

Une récente étude d’Ingenico – qui se revendique comme le leader mondial des solutions de paiement intégrées – et de l’institut YouGov a mis en avant que, lors du Black Friday 2017, on avait remarqué une hausse moyenne de 72% des dépenses par rapport à un vendredi ordinaire au niveau européen (l’enquête a concerné la Belgique, la France, l’Espagne, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni), avec un pic de 95% en France et 193% en Espagne! Par ailleurs, 50% des Français annoncent vouloir acheter lors du prochain Black Friday, dont les deux tiers dans la perspective d’un achat de Noël. Et si les géants du commerce en ligne, comme Amazon ou Alibaba, se taillent la part du lion, 24% des clients disent aussi vouloir consommer auprès de petites enseignes. 

Les soldes sont désuètes

Au Luxembourg aussi, le Black Friday a le vent en poupe. Pour plusieurs raisons. «Tout d’abord parce que c’est une tendance nouvelle, jeune, moderne, à la mode», confie à Paperjam une connaisseuse du commerce dans la capitale, qui souhaite rester anonyme. «Ensuite, parce que le Black Friday tombe à une période un peu vide, mais qui précède juste la période des fêtes. Il y a donc l’opportunité de profiter de remises sur un cadeau.» Enfin, elle note que, si le Black Friday est tendance, «c’est aussi parce que les soldes sont un peu désuètes, c’est un concept un peu poussiéreux». En tout cas, «les clients sont de plus en plus nombreux, et les commerçants ravis de ce qui est une très bonne journée de vente».

En Belgique aussi, le phénomène Black Friday connaît un bel essor. Selon une enquête du Syndicat neutre pour indépendants, 91% des 500 commerçants interrogés connaissent l’événement, contre 14% en 2014. Mais, relaie La Libre Belgique, 61% ont décidé de ne pas y participer. La surabondance des journées promotionnelles rognerait les marges bénéficiaires. De plus, la multiplication des soldes, présoldes, ventes privées et autres nuirait à l’attractivité, au contraire d’un événement qui n’aurait lieu que sur un ou deux jours. Notre interlocutrice grand-ducale prend acte de la position des voisins belges, mais note aussi qu’«il faut être prudent avec des enquêtes du genre. Souvent, les commerçants critiquent, disent ne pas participer... mais le font quand même.»

5.740 milliards de dépenses attendues en France

Le phénomène a évidemment pris aussi du côté de la France. Pour cette édition 2018, la Fevad (Fédération du e-commerce et de la vente à distance) estime que le Black Friday va générer 1,3 milliard d’euros en ligne entre vendredi et lundi dans l’Hexagone. Et selon RetailMeNot, le Black Friday va représenter au total 5.740 milliards d’euros de dépenses en France, soit une augmentation de 5,9% par rapport à 2017.

Face à l’engouement pour cette course aux promos massives, un autre phénomène se met en place: le Green Friday. Lancé l’année dernière, le mouvement souhaite remettre en cause le concept du Black Friday, qui est, selon lui, «le symbole de l’hyperconsommation, qui implique des surproductions de biens manufacturés voraces en ressources, souvent non renouvelables et polluantes».

Le mouvement devenu un collectif sous l’impulsion d’Altermundi en 2018, avec le soutien de la mairie de Paris, a rapidement été rejoint par le Refer, Dream Act, Ethiquable et Emmaüs. Pour cette édition 2018, «150 structures se sont engagées à ne pratiquer aucun rabais ce vendredi», explique Libération.