POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Mission économique à Londres

Start-up et Brexit au menu de Gramegna et Schneider



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Quelques jours après leur désaccord public sur le Zukunftspak, Pierre Gramegna et Étienne Schneider assurent ensemble la promotion de la Place à Londres pendant trois jours. (Photo: SIP - Luc Deflorenne)

Les ministres des Finances et de l’Économie ont entamé lundi leur visite officielle de trois jours à Londres. Une première depuis les résultats du référendum du 23 juin qui vise à promouvoir «les opportunités offertes par l’écosystème luxembourgeois».

Annoncée au début du mois de juillet, soit quelques jours à peine après la décision des citoyens britanniques de voter contre le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne, la mission économique conjointe de Pierre Gramegna (DP) et Étienne Schneider (LSAP) ne cache pas ses ambitions: se signaler une fois encore sur les radars des sociétés britanniques.

Mais contrairement à Paris ou Francfort, accusés de mener un politique de promotion agressive, la Place joue la carte de la complémentarité. Et du ciblage. Pour leur première journée dans la City, les ministres des Finances et de l’Économie se sont ainsi rendus dans les locaux du Level 39, «le plus grand accélérateur européen pour start-up dans les domaines des fintech et de la cybersécurité», selon le communiqué commun des deux ministères.

Promotion de la stratégie du headquarting

Présents officiellement dans le cadre «de la mise en place du Luxembourg House of Financial Technologies (LHoFT)» pour «se renseigner sur les clés du succès du Level 39», Pierre Gramegna et Étienne Schneider n’ont certainement pas manqué de rappeler aux entrepreneurs présents «la stabilité politique» du Grand-Duché, «son caractère pro-européen», «son administration accessible et son économie tournée vers l’international», comme ils l’avaient fait lors de l’annonce de cette mission dont les retombées sont très attendues le long de la Pétrusse.

Même discours pro-business lors d’un séminaire organisé dans les locaux de l’ambassade luxembourgeoise à Londres, auquel ont assisté une trentaine d’entreprises britanniques. Des sociétés venues assister au «Luxembourg ICT solutions for your business», organisé par le Luxembourg ICT Cluster, «pour s’informer sur les opportunités offertes par l’écosystème luxembourgeois». En clair, étudier la possibilité pour certaines d’entre elles de venir implanter leur siège européen au Kirchberg ou dans des bureaux installés au centre-ville.

L’approche luxembourgeoise des milieux économiques londoniens s’est complétée par plusieurs passages dans les médias britanniques, toujours avec le même message. À savoir ne pas faire de concurrence frontale avec les entreprises financières britanniques, mais travailler avec elles dans un objectif de «bénéfice mutuel». En 2015, le Royaume-Uni se classait en sixième position des partenaires commerciaux luxembourgeois, derrière l’Allemagne, la Belgique, la France, les Pays-Bas et l’Italie avec un volume d’échanges commerciaux de 768,5 millions d’euros.