ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

Sidérurgie

SMS : Paul Wurth gardera son «autonomie»



Selon Michel Wurth, l'entrée de SMS comme actionnaire principal consitue une chance pour Paul Wurth. (Photo

Selon Michel Wurth, l'entrée de SMS comme actionnaire principal consitue une chance pour Paul Wurth. (Photo

Avec l’acquisition des participations d’ArcelorMittal (48,1%) et de Luxempart (11%) dans Paul Wurth, SMS group devient l’actionnaire majoritaire de la société luxembourgeoise. Selon, le CEO de SMS group, les activités de Paul Wurth viennent compléter la gamme de produits et services du groupe allemand.

Selon Michel Wurth, président du conseil d’administration de Paul Wurth, les changements opérés au sein de son actionnariat, avec l’entrée dans celui de SMS group comme actionnaire principal, « constituent une chance pour le développement des activités de la société ». Jeudi en fin de journée, accompagné par Heinrich Weiss, chairman et CEO de SMS group, le président du conseil d’administration de Paul Wurth, par ailleurs membre du comité de direction d’ArcelorMittal, a officialisé ce que d’aucuns savaient déjà depuis la publication des résultats d’ArcelorMittal quelque heures plus tôt. Le sidérurgiste, qui se débarrasse de toute une série d’actifs non-stratégiques, a décidé de céder ses 48% de participations dans la société Paul Wurth au profit de SMS group, pour un montant de 300 millions d’euros.

SMS group est une société allemande active dans le domaine de la construction d’installations et d’équipements destinés au traitement de l’acier et de métaux non-ferreux. Ce jeudi, SMS group, par la même occasion, annonçait qu’il acquérait aussi les 11% de participations de Luxempart dans Paul Wurth, devenant ainsi actionnaire majoritaire. Le montant de cette transaction n’a toutefois pas pu être communiqué.

L’Etat luxembourgeois, lui, reste actionnaire de Paul Wurth avec 11% de participations directe, 18,8% via la SNCI et 11% via la BCEE. Les 0,1% restant étant détenus par des tiers.

Rapprochement stratégique

« L’entrée dans l’actionnariat de Paul Wurth est réellement stratégique pour SMS group, qui trouve là un partenaire qui développe des activités très complémentaires de celles des autres entités du groupe », a commenté Michel Wurth. Autrement dit, il est certainement plus stratégique, et pour Paul Wurth et SMS group, que le maintien d’ArcelorMittal dans l’actionnariat. Heinrich Weiss, de son côté, confirmait l’intérêt de l’opération et les opportunités que pouvait permettre le rapprochement pour les deux structures. « Il va, à l’avenir, permettre une expansion commune des deux entités, a-t-il expliqué. Les gammes de produits et services que chacune des entités développe se complètent parfaitement. Alors que Paul Wurth constitue une référence mondiale dans le domaine de la construction de hauts fourneaux, maîtrisant l’ensemble des technologies et installations de préparation de la charge en amont des hauts fourneaux, les divisions SMS Siemarg et SMS Meer, les deux principales entités de SMS group, sont à même d’offrir une gamme complète d’installations et de technologies dans le segment des aciéries, coulées continues, laminoirs et trains finisseurs. Avec ces expertises variées et complémentaires, nous pouvons maitriser l’ensemble des processus tout au long de la chaîne de traitement métallurgique. »

Paul Wurth, malgré les rapprochements annoncés et le contrôle de l'actionnaire allemand, continuera à opérer en tant qu’entité autonome. La marque, forte et reconnue sur les marchés à l’échelle internationale, continuera à exister en tant que telle. L’organisation, au niveau du Luxembourg, sera maintenue, ainsi que les headquarters, avec l’assurance d’un maintien de son autonomie dans la prise de décision. « La société, en se rapprochant du partenaire industriel fort que constitue SMS Group, devrait trouver à se consolider. Des synergies supplémentaires pourront se développer dans les installations que nous mènerons à l’échelle internationale, a commenté Heinrich Weiss. Ce rapprochement doit permettre de constituer une base à partir de laquelle une croissance additionnelle pourra être réalisée dans le chef des différentes parties prenantes. »