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En Grande Région

Simuler la mobilité pour des «choix éclairés»



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Stéphane Godefroy: «La grande nouveauté de Mmust sera d’offrir une vision globale de la mobilité à l’échelle de la Grande Région.» (Photo: DK - Mairie de Longwy)

Lancé hier à Longlaville, en France, le projet Mmust (Modèle multimodal et scénarios de mobilité transfrontaliers) vise à créer un outil de simulation des flux de transport à l’échelle de la Grande Région. Disponible en 2021, il permettra aux pouvoirs publics de visualiser l’impact de différents scénarios. Interview de Stéphane Godefroy, le responsable de l’initiative.

Monsieur Godefroy, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste le projet Mmust?

«Il s’agit d’un outil informatique qui va permettre de mesurer, par le biais de simulations, les conséquences sur les réseaux de circulation des décisions politiques en matière de transport. Il aidera donc les pouvoirs publics à faire des choix éclairés.

Si, par exemple, on souhaite doubler une voie de chemin de fer, Mmust simulera l’impact de cette modification non seulement sur le réseau ferroviaire, mais aussi sur les autres réseaux de transport.

Quand est-ce que les autorités de la Grande Région pourront utiliser ce système?

«Mmust sera totalement opérationnel en 2021. C’est un projet qui s’intègre au programme Interreg. Il bénéficiera donc d’un financement de la part de l’Union européenne à hauteur de 1,7 million d’euros, sur les 2,9 millions prévus.

Dans un premier temps, nous allons faire le point sur les données disponibles dans les différents territoires de la Grande Région. Il faudra ensuite les rendre compatibles entre elles et les connecter. Enfin, nous créerons le programme informatique qui permettra les simulations.

Cela veut-il dire que, jusqu’à maintenant, les choix politiques en matière de mobilité ne se basaient sur aucune donnée précise?

«Non. Il existe des outils informatiques similaires à celui de Mmust de part et d’autre des frontières. Le problème, c’est qu’ils ne sont pas interconnectés. Les données n’étant pas compatibles entre elles, il est donc difficile de se faire une idée globale.

De plus, les programmes qui existent actuellement ne prennent pas en compte le transport des marchandises, ce qui nous paraît pourtant essentiel. Nous nous sommes rendu compte en effet que l’activité commerciale et logistique entre la France et le Luxembourg allait beaucoup augmenter dans les années à venir, notamment avec le hub multimodal de Bettembourg.

Au total, nous avons réuni 23 partenaires.

Stéphane Godefroy, responsable du projet Mmust

La grande nouveauté de Mmust est d’offrir une vision globale à l’échelle de la Grande Région. La force de ce projet réside dans le fait qu’il s’agit d’un travail collégial. Au total, nous avons réuni 23 partenaires. Les départements des transports et de l’aménagement du territoire du ministère du Développement durable et des Infrastructures ainsi que le Liser (Luxembourg Institute of Socio-Economic Research) sont les représentants du Luxembourg.

Cet outil n’arrive-t-il pas trop tard, alors que beaucoup d’investissements ont déjà été faits dans les infrastructures, et que d’autres suivront dans les quatre ans à venir?

«Il n’est jamais trop tard. Réunir tous ces acteurs autour d’une table est un travail qui prend du temps. Nous préparons d’ailleurs ce projet depuis près de deux ans. Des investissements seront en effet décidés avant 2021, mais tout ne sera pas réglé d’ici là.

Et puis Mmust ne servira pas seulement à décider de construire telle ou telle route. Il pourra aussi, par exemple, être utilisé pour la création de nouvelles lignes de bus, ou pour l’adaptation du nombre de trains et leur cadencement.»