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Se mettre au régime du digital



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Les réseaux sociaux et les smartphones aliènent la société, estiment des anciens de la Silicon Valley. (Photo: Licence C.C.)

Inquiets du «détournement des esprits et de la société» dû aux smartphones et aux réseaux sociaux, des insiders et anciens dirigeants de la Silicon Valley ont fondé une union visant à lutter contre la dépendance aux technologies.

Tandis que de plus en plus d’entrepreneurs et employés sont confrontés à un «mal de connexion», car les messages et les alertes les poursuivent jusqu’au lit et dès le réveil, un groupe d’anciens employés et dirigeants de Facebook, Google et autres sociétés numériques a créé ce lundi le Center for Humane Technology.

«Les premiers employés de Facebook et Google forment une coalition pour combattre ce qu’ils ont construit», titrait le New York Times ce dimanche. «D’anciens dirigeants d’Apple, des milliardaires de Facebook et des ‘Googlers’ se mettent au régime technologique», lisait-on lundi sur Bloomberg, tandis que le Guardian résumait: «D’anciens employés de Facebook et Google lancent une campagne pour lutter contre la dépendance au ‘tech’.»

S’adapter à l’être humain

«Les technologies détournent nos esprits et la société», lit-on sur la page d’accueil du nouveau groupe, fondé notamment par l’ancien concepteur de Google, Tristan Harris, et Roger McNamee, ancien conseiller du fondateur et CEO de Facebook, Mark Zuckerberg.

Selon eux, «ce qui a commencé comme une course pour monétiser notre attention est désormais en train d’éroder les piliers de notre société: la santé mentale, la démocratie, les relations sociales et nos enfants». En effet, d’après certaines études relayées dans la presse internationale, le risque de dépression augmenterait chez les enfants qui passent plus de trois heures par jour sur une tablette.

Les objectifs du Center for Humane Technology: sensibiliser le public de l’effet addictif des nouvelles technologies, faire campagne auprès des autorités pour réguler davantage le secteur et persuader les géants du numérique d’adapter leurs produits à l’être humain.

Gains de productivité

La perception des effets négatifs, ou externalités, d’une surutilisation des nouvelles technologies ne date pas d’hier. Des experts en IT encouragent régulièrement leurs lecteurs à aller au lit sans leur smartphone, Bill Gates et Steve Jobs limitaient le temps que leurs enfants avaient le droit de passer sur un écran, et en France, le droit à la déconnexion entrait en vigueur le 1er janvier 2017.

Tandis que le droit à la déconnexion connaît des problèmes d’application, notamment auprès des cadres, l’idée fait doucement son chemin au Luxembourg.

Parallèlement, de nombreuses entreprises «expérimentent» d’ores et déjà des mesures de déconnexion. Bloomberg évoque quelques exemples, comme des outils informatiques qui limitent le temps d’accès journalier à sa boîte mail, des réunions sans smartphone, une offre d’activités extérieures ou encore des lignes directrices qui limitent les mails et textos à tout échange de moins d’une minute.

Selon l’agence de presse, l’inquiétude au sujet de l’impact des technologies mobiles serait en forte progression, vu le nombre croissant de recherches sur Google à ce sujet. Par ailleurs, une étude de Microsoft reconnaîtrait que les nouvelles technologies digitales peuvent nuire à la productivité d’une entreprise.