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SchoolLeaks: les accusés acquittés



Le procès SchoolLeaks aura connu plusieurs épisodes et des reports de séance avant d’aboutir à la décision de ce jeudi. (Photo: Charles Caratini / archives Paperjam)

Le procès SchoolLeaks aura connu plusieurs épisodes et des reports de séance avant d’aboutir à la décision de ce jeudi. (Photo: Charles Caratini / archives Paperjam)

Le tribunal d’arrondissement de Luxembourg a acquitté ce jeudi matin les trois enseignantes et le mari de l’une d’entre elles à qui l’on reprochait d’avoir violé le secret professionnel en diffusant les corrigés d’épreuves avant les épreuves en 2015.

On sentait le soulagement du côté des accusés. Après avoir entendu le verdict, leurs avocats Me Yves Kasel et Me Sam Ries se «réjouissaient», tandis que Me Fränk Rollinger ajoutait que ses clients étaient néanmoins «un peu fâchés». Le procès n’aura pas été une épreuve facile pour les accusés, et l’avocat a expliqué que l’affaire aura nui à l’image des enseignantes, car «le Luxembourg est un petit pays».

Fränk Rollinger a par ailleurs estimé que si les épreuves avaient dû être repassées à l’époque, ce n’était pas la faute des enseignantes, car les épreuves repassées n’avaient pas fuité.

Le ministère de l’Éducation avait agi avec une certaine légèreté en diffusant les corrigés des épreuves du cycle 4.2 en mars 2015 à tous les enseignants du fondamental, mais aussi à des enseignants du secondaire qui participent aux commissions des épreuves, et ce avant même que les épreuves n’aient eu lieu.

Peu de réponses

Les accusés acquittés (Natacha F. et Danielle H., professeures de français, Tatiana K., professeure d’allemand, ainsi que l’époux de Mme H., Christian S.) ce jeudi ont affirmé au cours du procès avoir diffusé les épreuves, ou rendu publique la diffusion des épreuves, afin de dénoncer un dysfonctionnement dans la procédure et pour éviter d’être suspectés de tricherie par les parents d’élèves. Le ministère de l’Éducation avait cependant fait repasser certaines épreuves, lancé des procédures disciplinaires contre deux des trois enseignantes et porté plainte pour violation du secret professionnel contre les trois enseignantes et le mari de l’une d’entre elles. Le ministère aura donc eu tort en ce qui concerne le secret professionnel.

L’avocat de la partie civile, Me Michel Molitor, qui représente l’État, a, tout comme les autres avocats, déclaré vouloir attendre de voir si le Parquet allait faire appel ou non. Le délai est de 40 jours. Me Fränk Rollinger ne s’y attend pas, estimant que les juges auront «tout simplement appliqué la loi» et tranché, que le viol du secret professionnel ne s’appliquait pas aux fonctionnaires dans cette affaire.

Le verdict dans l’affaire SchoolLeaks, une fois publié intégralement dans les prochains jours, n’indiquera en revanche pas si les enseignantes ont agi avec trop de ferveur ou si le ministère de l’Éducation s’est montré naïf ou irresponsable.

Une première réaction suite à ce jugement est parvenue de la part de la ministre de la Famille Corinne Cahen, qui se dit choquée sur les réseaux sociaux.