COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Communication

Trois questions à Emmanuel Fleig (L’Essentiel)

«Saint-Paul investit à fonds perdu»



Emmanuel Fleig: «Nous sommes bénéficiaires pour la première fois en 2010.» (Photo: Olivier Minaire/archives)

Emmanuel Fleig: «Nous sommes bénéficiaires pour la première fois en 2010.» (Photo: Olivier Minaire/archives)

Emmanuel Fleig réagit à la publication du «mini Point 24» et aux propos tenus ce mardi sur paperJam.lu par Paul Lenert, le directeur du groupe d’édition Saint-Paul. Le directeur de l’Essentiel (détenu à parts égales par le groupe luxembourgeois Editpress et le Suisse Tamedia) estime que son véritable concurrent n’est pas Point 24, qu’il considère comme un échec, mais le Wort.

Monsieur Fleig, comment réagissez-vous au lancement du mini Point 24?
«J’ai surtout envie de réagir aux propos de Monsieur Lenert (lire l’interview ICI). Contrairement à ce qu’il a indiqué, il n’y a pas de petite différence entre l’Essentiel et Point 24. Nous considérons que Point 24 est un échec cuisant pour le groupe Saint-Paul. Il fallait donc prendre des mesures pour redresser la situation. Parmi les mesures potentielles, il y avait l’arrêt pur et simple. Il semble toutefois que la décision stratégique prise consiste à faire des tests, puisque ce mini Point 24 en est un. Ma conclusion, c’est que Saint-Paul dispose de beaucoup d’argent qu’il peut investir à fonds perdu dans des tests. Nulle part dans le monde, un journal n’a jamais été lancé au travers d’un test. Il y a des sondages, des simulations, mais pas de test. Car cela nécessite des moyens colossaux, sur le plan de l’impression ou de la distribution. Tout ça pour s’apercevoir peut-être que d’ici quelque temps ce journal disparaîtra. Au final, c’est beaucoup de moyens investis pour une décision, qui va rester très aléatoire.

Redoutez-vous néanmoins cette refonte du Point 24 et une concurrence plus forte?
«Mon sentiment est qu’il ne s’agit pas d’une refonte, mais d’un changement de format. Or, un journal comme le nôtre n’existe pas au travers de son format. C’est un élément certes, mais certainement pas le plus important. En réponse à ces propos d’hier, je dois dire que nous réalisons un journal pour l’ensemble des lecteurs, qu’ils soient Luxembourgeois, résidents étrangers ou frontaliers. Notre audience est de 29,7% contre 14,8% pour Point 24, soit une différence de plus de 100%. Contrairement à ce qu’il a dit, nous avons au total 186.800 lecteurs, dont 122.700 résidents, soit 66%. Dire que nous sommes lus en majorité par les frontaliers est donc faux. Nous nous adressons aussi bien à l’ouvrier qu’aux dirigeants les plus importants des Big Four ou des grandes banques de la Place. Par ailleurs, notre but n’est pas de faire un journal pour les publicitaires, mais pour un public très vaste. Nous avons plutôt bien réussi. C’est d’ailleurs en travaillant dans ce sens-là que les grands annonceurs du pays ont considéré que notre journal avait toute son importance.

Votre produit est-il malgré tout perfectible?
«Nous sommes bien sûr à la recherche d’améliorations constantes. Mais ce ne sont pas les initiatives au niveau de Point 24 qui vont nous détourner de notre route. Nous sommes bénéficiaires pour la première fois en 2010 et poursuivons notre développement. Notre véritable concurrent n’est certainement pas Point 24. L’écart qui nous sépare du Wort en termes d’audience dernière période n’est plus que de 11,6 points (41,3% pour le Wort, ndlr.). Notre site internet connaît aussi un développement sensible avec sa nouvelle formule. Nous sommes passés de 12.000 à 19.000 visiteurs uniques par jour. L’Essentiel, c’est 35 employés dont une vingtaine de journalistes, parmi lesquels sept travaillent sur L’Essentiel Online.»