POLITIQUE & INSTITUTIONS — Justice

Soupçons de fraude salariale

Roland Jost laissé libre sous contrôle judiciaire



Si Roland Jost est sorti de prison, il reste cependant sous contrôle judiciaire. (Photo: DR)

Si Roland Jost est sorti de prison, il reste cependant sous contrôle judiciaire. (Photo: DR)

Le patron du groupe Jost, arrêté après des perquisitions menées sur différents sites de sa société, a été libéré de prison mercredi. Mais il reste confiné à son domicile, sous surveillance électronique, indique le groupe.

Incarcéré depuis le 9 mai à la prison de Marche-en-Famenne dans le cadre d’une enquête concernant une vaste fraude fiscale, Roland Jost - le patron de Jost Group – a été libéré sur décision d’un juge d’instruction, a indiqué mercredi soir le groupe dans un communiqué. Roland Jost, de même que le secrétaire général du groupe qui était lui aussi détenu, ont ainsi pu regagner leur domicile «sous conditions et sous surveillance électronique», poursuit le groupe, ajoutant qu’ils allaient ainsi pouvoir préparer leur défense sereinement face aux accusations dont ils font l’objet.

Pour rappel, pas moins de neuf chefs d’accusation ont été signifiés aux dirigeants du groupe qui sont soupçonnés – outre de diriger une organisation criminelle pour Roland Jost – de traite d’êtres humains, de blanchiment, de faux et usage de faux, d’escroquerie en droit pénal social, d’absence de déclaration immédiate à l’emploi, de déclarations inexactes ou incomplètes concernant les cotisations sociales, de non-paiement des cotisations à l’Office national de sécurité sociale, et défaut de paiement de la rémunération en tant qu’employeur.

Manque à gagner de 55 millions d’euros en Belgique

Éric Demonty, qui a été désigné administrateur délégué du groupe en attendant l’issue de cette affaire, a salué cette décision judiciaire tout en réfutant une nouvelle fois toutes les accusations portées au groupe Jost.

La justice belge suspecte le groupe logistique basé à Weiswampach d’avoir fait travailler en Belgique quelque 1.100 salariés issus des pays d’Europe de l’Est aux conditions sociales de leur pays d’origine. Du dumping social qui se serait traduit par un manque à gagner de plus de 55 millions d’euros pour la Sécurité sociale belge entre 2014 et 2016. Des salariés résidant en Belgique auraient également été déclarés auprès de la CNS. Selon le magistrat en charge de l’enquête, cette pratique pourrait bénéficier à un vaste réseau criminel actif entre la Belgique, le Luxembourg et la Roumanie.