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Redéfinir les grandes lignes du «vivre ensemble»



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En matière de politique, l’Asti revendique notamment l’inscription des étrangers sur les listes électorales aux mêmes conditions que les Luxembourgeois. (Photo: Paperjam.lu / archives)

L’Association de soutien aux travailleurs immigrés (Asti) appelle à une analyse et à une révision de la loi sur l’accueil et l’intégration des étrangers. Tout en faisant part de propositions aussi concrètes que prioritaires.

À la veille du débat de consultation sur le plan d’action national d’intégration (PAN), qui aura lieu ce jeudi à la Chambre, l’Association de soutien aux travailleurs immigrés (Asti) a fait par ce jeudi de ses réflexions et de ses propositions sur le sujet.

En guise de réflexions, elle rappelle tout d’abord que le PAN est avant tout un instrument «foncièrement politique» dans lequel doivent figurer les grandes lignes de conduite pour activer et faciliter au Luxembourg le «vivre ensemble» entre Luxembourgeois, résidents étrangers et frontaliers.

Dans sa transversalité, dit-elle, il doit avoir un impact sur les instances publiques – ministères et communes – «mais aussi sur la société civile et les individus qui la constituent, étrangers et luxembourgeois.

Dans un communiqué, l’Asti réclame par ailleurs «des mécanismes et des procédures d’évaluation avec indicateurs clairs et contraignants», ajoutant dans ce contexte que «la création d’un observatoire du vivre ensemble rattaché au Parlement ferait sens».

Société d’accueil responsable

Celle-ci plaide également pour une analyse et une révision de la loi de décembre 2008 sur l’accueil et l’intégration des étrangers au Grand-Duché de Luxembourg, estimant que cela s’impose du fait que «la société a beaucoup changé depuis lors».

L’association poursuit en s’étonnant que la lutte contre les discriminations ne fasse plus partie de l’intitulé de ce PAN qui, en outre, intervient à sept mois des législatives. D’où le questionnement de l’Asti sur l’utilité et le bien-fondé de la démarche.

«Ne serait-ce pas plutôt au prochain gouvernement de se fixer les objectifs à viser en matière d’intégration?», s’interroge ainsi l’Asti, pour laquelle il importe de rappeler dans le PAN que «la responsabilité de la société d’accueil est de prendre, à l’égard des étrangers et des frontaliers, toutes les dispositions afin d’encourager et de faciliter leur démarche d’intégration, sur le plan social, économique, politique et culturel».

Une implication accrue des communes

Côté propositions, l’Asti en aligne de nombreuses qu’elle considère «prioritaires».

En matière d’accueil, elle préconise notamment l’évaluation et la pérennisation des projets concluants menés dans le cadre de l’appel à projets Mateneen de l’Œuvre, de même que la création de mécanismes de détection et de prise en compte des vulnérabilités dès l’enregistrement de la demande de protection internationale.

L’Asti considère également comme essentielle la scolarisation aussi rapide que possible des enfants issus de l’immigration «dans des classes dites normales», de même que la construction de logements locatifs et de structures de cohabitation pour les nouveaux arrivants, «avec un encadrement à la clé».

En matière d’intégration, parmi ses propositions, l’association souhaite une implication accrue des communes dans le dispositif du contrat d’accueil et d’intégration (CAI), l’extension de l’offre et du nombre d’heures de cours de langues et d’instruction civique dans le cadre de ce CAI, de même qu’un soutien aux activités de pratique des langues.

Enfin, du côté de la participation politique, l’Asti revendique l’inscription des étrangers sur les listes électorales aux mêmes conditions que les Luxembourgeois, ou encore des campagnes de sensibilisation constantes sur l’importance de la participation politique et de la politique communale.