PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS

Séminaires

«Quelque chose d’unique au monde»



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Adriano Picinati di Torcello est, avec Thierry Hoeltgen, l’un des initiateurs de la stratégie liant l’art et la finance. (Photo : Etienne Delorme/archives)

La stratégie nationale de diversification par l’art et la finance passe inévitablement par Deloitte, déjà à l’initiative du projet. Trois questions à Adriano Picinati di Torcello, directeur audit cabinet de conseil. Il évoque l’organisation de séminaires sur le thème, ainsi que les derniers développements y relatifs, notamment ceux concernant la Bourse de l’art.

Monsieur Picinati di Torcello, vous organisez différents séminaires ayant trait à l’art et à la finance tout au long de l’année. Quelle est votre ambition ?

« En 2011 déjà, dans le cadre de notre initiative art et finance, nous avions lancé trois séries de séminaires spécialisés. Luxembourg devenait alors la première place financière à produire ce genre de formation. Suite au succès de l’événement et à la concrétisation d’un pan de la stratégie art et finance avec le vote au Parlement sur la création du port franc, nous avons décidé de réitérer.

Cette fois, cinq séminaires d’une heure et demie se tiendront en soirée, les jeudis 26 avril, 24 mai, 20 septembre, 18 octobre et 22 novembre. Ils permettront de familiariser le monde de la finance luxembourgeoise au développement de l’activité art et finance et les différentes opportunités offertes par ce marché.

Où en sommes-nous globalement avec cette stratégie au Luxembourg, notamment au niveau du freeport et de la future Bourse de l’art, Splitart ?

« Les choses avancent. Concernant le port franc, l’investisseur et son administrateur délégué au Grand-Duché (Yves Bouvier et David Arendt, ndlr.) sont en train de finaliser l’implantation de l’infrastructure et plus précisément le choix du site à l’aéroport. On espère que tout sera opérationnel pour début 2014.

Au niveau de Splitart, dont je ne suis bien évidemment pas le porte-parole, à notre connaissance, les premières rencontres avec le régulateur ont eu lieu en vue de l’obtention d’une licence pour créer un multilateral trading facility (MTF) dans le domaine de l’art. Ce qui serait une première mondiale. La Chine essaie de développer des plates-formes similaires, notamment avec le Tianjin Cultural Artwork Exchange, mais ces structures restent substantiellement différentes de ce qui existera au Luxembourg.

En évaluant toute la value chain luxembourgeoise avec l’émission, la titrisation et le trading à travers Splitart, tout ce qui est post-trading avec Clearstream, et ce qui relève du dépôt physique avec le port franc, nous créons quelque chose d’unique au monde.

Ces séminaires s’adressent donc à tous les acteurs gravitant autour de ces activités…

« En fonction des sujets proposés, cela s’adresse principalement à la banque, au front et back offices du private banking et de la gestion de fortune, aux dépositaires, aux family offices et aux fonds investissant dans l’art et les biens de collection. Voilà pour le public cible. Après cela peut aussi intéresser les cabinets d’avocats ou les compagnies d’assurance.

Ces séminaires ont en fait pour vocation de sensibiliser ces gens à la problématique. Évidemment le port franc et Splitart sont deux aspects importants, mais d’autres initiatives pourraient être intéressantes à développer. Je pense notamment à tout ce qui est art secured lending (utilisation de l’art comme collatéral, ndlr.), conseil en art, accompagnement de la clientèle, philanthropie, etc. Nous pouvons vraiment développer des niches de services autour de l’art et servir la clientèle fortunée des banques luxembourgeoises. Il est d'ailleurs également envisageable pour ces banques de développer ici un centre de compétences qu’elles pourront offrir à leurs clients internationaux via le groupe. »