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Recherche et développement

Quelle tête pour le List?



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C’est dans la Maison de l'innovation à Belval, que le List sera établi. (Photo: Gaël Lesure)

On connaît, depuis la semaine dernière, la composition de son conseil d’administration; on devrait savoir ce mercredi qui sera désigné CEO de la nouvelle entité née de la fusion des centres de recherche publics Tudor et Lippmann.

La dernière pierre à l’édifice du Luxembourg institute of science and technology (List) devrait être posée ce mercredi, avec la désignation en conseil d'administration de celui qui sera le CEO de cette nouvelle entité issue de la fusion des centres de recherche publics Henri Tudor et Gabriel Lippmann et qui entrera en activité au 1er janvier prochain.

Les choses ont été assez vite depuis le vote par la Chambre des députés, le 16 octobre dernier, du projet de loi 6527 ayant pour objet l’organisation des centres de recherche publics. Le 11 novembre, le Conseil d’État a prononcé la dispense du second vote constitutionnel, à la suite de quoi le conseil d’administration de la nouvelle structure a été arrêté début décembre.

Entre les présidents des deux CRP concernés, c’est finalement à Georges Bourscheid (CRP Tudor) qu’est revenu l’honneur de présider le nouveau conseil, la vice-présidence revenant à Hubert Jacobs Van Merlen (CRP Lippmann). Sept autres membres (dont quatre femmes) ont été par ailleurs nommés.

Quant au volet opérationnel, Fernand Reinig, le managing director du CRP Gabriel Lippmann devrait être le futur chief operating officer (COO) du List, alors que Marc Lemmer, son homologue du CRP Tudor, devrait être promu chief strategy & innovation officer.

Masse critique

La création du List était dans l’air du temps depuis un bon moment et n’a surpris personne au moment de son officialisation. Les CRP Tudor et Lippmann développaient des activités scientifiques autour de domaines similaires: les technologies de l’information, les technologies des matériaux et les sciences de l’environnement. «Si des domaines de recherche étaient communs, au sein de ceux-ci nous abordions des thématiques différentes», précise néanmoins Marc Lemmer, cité par Paperjam dans son édition de janvier 2015. «Il fallait toutefois reconnaître certains doublons, difficiles à justifier par rapport aux pouvoirs publics, qui financent en partie nos activités.»

Derrière, en outre, il y avait aussi un réel intérêt à rassembler les ressources, de manière à atteindre une masse critique permettant de mieux répondre aux enjeux de la recherche au service de la société et de l’économie. «Il apparaît aujourd’hui comme une évidence que nous serons plus forts ensemble que chacun de notre côté», complète Fernand Reinig.

Le List n’a en effet pas vocation à constituer une micro-université menant des activités de recherche selon son bon vouloir. «Nous menons des activités qui sont susceptibles de générer des retombées au niveau de la société et de l’économie», précise Marc Lemmer. «La volonté est de développer un agenda de recherche à moyen et long termes, sur des thématiques stratégiques, et de nous éloigner des projets à court terme, répondant à des besoins directs exprimés par des acteurs économiques».

1+1=plus que 2

Le List emploiera 650 personnes, dont 500 chercheurs, ingénieurs et techniciens de laboratoire formant le personnel scientifique. Et pas question de ne raisonner qu’en termes d’économies d’échelle. «Au-delà du regroupement à proprement parler, la volonté du gouvernement est claire. Il entend miser sur l’innovation pour le développement de l’économie. L’idée, derrière ce rapprochement, n’est pas de licencier des chercheurs, mais, à partir des mêmes moyens, de pouvoir faire mieux qu’auparavant», précise Fernand Reinig.

Autrement dit, il appartient à des scientifiques de démontrer sur le terrain que 1 + 1 peut effectivement donner un résultat supérieur à 2.