POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Viva Technology 2018

Quand la ville aura une âme



Ce rassemblement de l’innovation a permis de présenter un nombre important de nouvelles solutions pour le futur. (Photo: DR)

Ce rassemblement de l’innovation a permis de présenter un nombre important de nouvelles solutions pour le futur. (Photo: DR)

Le visage des «smart cities» commence à prendre forme, grâce à des technologies de plus en plus matures. Certaines d’entre elles, déjà implémentées ou en test, ont été présentées dans les couloirs du salon Viva Technology de Paris, qui a débuté jeudi et se termine samedi.

Les routes seront-elles bientôt capables de transformer les rayons du soleil en énergie? Cette innovation, présentée par Colas il y a trois ans, devrait être commercialisée en début d’année prochaine.

Et les villes seront les terrains de jeu favoris pour ce bitume d’un genre nouveau, qui, selon le spécialiste français de l’asphalte, n’a pas l’ambition de faire concurrence aux centrales thermiques ni aux fermes de panneaux photovoltaïques, mais plutôt de répondre à une demande locale.

«L’énergie produite sera dirigée vers des bornes de recharge pour des voitures ou des vélos électriques, de l’éclairage public ou encore des guichets automatiques», explique Nicolas Griglio, ingénieur développement chez Colas. «Une étude sur le contexte urbain et l’optimisation de l’utilisation de l’énergie produite sera faite avant chaque projet.»

Plus de voix, moins de boutons

La ville de demain sera également plus à l’écoute. C’est en tout cas l’avis des dirigeants de Snips, une start-up française qui emploie une soixantaine de personnes et a développé une technologie de reconnaissance vocale à l’image de celles proposées aujourd’hui par Google, Amazon ou encore Apple.

«Dans 10 ans, il n’y aura plus de boutons, autant à la maison qu’en ville», détaille le chief operating officer (COO) de Snips, Yann Lechelle. «Dans les rues, il y aura des machines, un peu comme les distributeurs de billets de train, à qui on pourra demander n’importe quelle information sur un trajet, un événement ou une actualité.»

L’entreprise, qui dit avoir une cinquantaine de clients dans le monde, travaille actuellement avec la RATP sur un prototype de ce mobilier urbain d’un nouveau genre. Comme la mobilité, l’infrastructure et les équipements des villes intelligentes se nourriront de données et le business model des acteurs économiques qui se positionneront sur ce marché se basera avant tout sur une approche servicielle, c’est-à-dire axée sur une économie de fonctionnalité.

Au service de sa communauté

Cette tendance commence à prendre forme dans le secteur de la construction, où les promoteurs réfléchissent de plus en plus aux services qu’ils peuvent offrir à leurs clients. «La smart city, ce n’est pas que le digital, c’est aussi une réflexion sur les espaces d’habitation», note Nathanaïs Mas, responsable de la recherche et développement chez Bouygues Immobilier.

Dès la conception des immeubles, des réflexions sur la modularité et la mixité sont menées, mais aussi sur la création d’espaces communs d’un nouveau genre.

C’est le cas d’un projet mené par Bouygues Immobilier à Lille. Celui-ci intègre des espaces réservés à un système de partage de véhicules et de vélos électriques mis à disposition des habitants et géré par une application mobile. «Nous avons même prévu un service de chambres d’hôtes que l’on peut réserver pour recevoir des proches», précise Nathanaïs Mas. «Nous ne vendons plus seulement des appartements, mais nous accompagnons nos clients en essayant de leur offrir des services personnalisés.»