ENTREPRISES & STRATÉGIES
SERVICES & CONSEILS

Private equity

P&T Capital pour soutenir les projets innovants



reinesch.jpg

Gaston Reinesch : «Nos prises de participation ne font pas forcément l’objet d’une stratégie avec un objectif de sortie.» (Photo: Etienne Delorme/archives)

Avec sa nouvelle filiale P&T Capital, le groupe P&T veut soutenir les PME développant des projets liés de près ou de loin à ses métiers et, peut-être, trouver les moyens de se diversifier.

Ce mardi, l’entreprise des P&T présentait P&T Capital. La structure est un nouveau véhicule d’investissement spécifique, une nouvelle société de participation financière détenue à 100 % par P&T. «Grâce à ce nouvel outil, nous voulons soutenir le développement d’activités complémentaires à nos métiers de la poste et des télécommunications situés sur le Luxembourg et plus largement sur la Grande Région», a expliqué Gaston Reinesch, président du conseil d’administration des P&T.

Capital social de 5 millions

Constituée sous la forme d’une société anonyme, avec un capital social de départ de 5 millions d’euros, P&T Capital est en réalité effective depuis décembre 2009. Elle avait toutefois souhaité fonctionner pendant un an avant de se présenter officiellement. A travers P&T Capital, l’entreprise des postes et des télécommunications grand-ducale nourrit l’ambition de soutenir des projets innovants dans des domaines tels que les technologies de l’information et de la communication, les télécommunications ou encore le traitement de l’information pour sa diffusion papier ou électronique, en mettant à sa disposition un capital risque. «L’instrument principal de cette nouvelle filiale sera une prise de participation dans de jeunes PME aux projets prometteurs, a précisé le président du conseil d’administration, qui occupe la même fonction dans la nouvelle filiale. Nous visons les jeunes sociétés qui n’en sont qu’au stade de l’idée, les entrepreneurs qui s’établissent et que l’on peut soutenir dans la construction de leur concept, où ceux qui sont déjà établis mais qui n’ont pas encore eu l’occasion de développer leur produit.»

Des investissements long terme

Toutefois, P&T Capital tient à se distinguer des fonds de private equity, qui ont généralement des objectifs de sortie du capital des entreprises dans les cinq ou six ans, en maximisant le retour sur investissement. «Nos prises de participation ne font pas forcément l’objet d’une stratégie avec un objectif de sortie. Nous pourrions très bien rester dans le capital d’une entreprise qui a développé un projet qui peut s’avérer stratégique pour les P&T», ajoute Gaston Reinesch. P&T Capital pourra également envisager, le cas échéant, des prises de participation conjointes avec d’autres investisseurs institutionnels ou industriels.

Dans son discours, P&T dit vouloir soutenir, à travers ce nouveau véhicule d’investissement, la diversification économique du pays et, pourquoi pas, «attirer de nouvelles activités au Grand-Duché». Mais derrière cette idée, il semble surtout que l’entreprise a trouvé un moyen d’accompagner le développement d’activités innovantes susceptibles de servir son activité d’opérateur des postes et des télécommunications, mais aussi de trouver de nouveaux leviers de croissance et de diversification de ses activités en général. «En étant dans le capital de ces sociétés innovantes, nous pourrons évidemment profiter du savoir-faire et des technologies qu’elles vont pouvoir développer, notamment grâce à notre prise de participation, commente le président du conseil d’administration. Ces dernières, par ailleurs, pourront bénéficier, sans aucun doute, de l’important savoir-faire qui existe au niveau des P&T, en interne.»

Un seul projet retenu sur une dizaine

En un an, P&T Capital a eu l’occasion d’analyser une dizaine de projets qui lui ont été soumis. «Un seul, jusqu’à présent, a retenu notre attention et devrait faire l’objet d’une participation financière de la part de P&T Capital», a poursuivi le président du conseil d’administration. Ce projet, a-t-il précisé, devrait être prochainement dévoilé.