COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Communication

Table ronde

Pouvoir accorder des médias au pluriel



L'arrivée de L'essentiel Radio avait été voulue par le gouvernement pour participer au pluralisme dans les médias. (Photo: Marion Dessard / archives)

L'arrivée de L'essentiel Radio avait été voulue par le gouvernement pour participer au pluralisme dans les médias. (Photo: Marion Dessard / archives)

Une table ronde aborde ce soir aux Rotondes la question du pluralisme médiatique adapté au Luxembourg, alors que le pays est pointé par une étude menée par l’Uni. Le récent appel d’offres pour des fréquences radio a quant à lui fait chou blanc.

Difficile question qu’est celle du pluralisme des médias dans un secteur qui nécessite de disposer de suffisamment de moyens pour, d’une part, investir dans un environnement concurrentiel et, d’autre part, produire du contenu de qualité.

C’est autour de cette question que le mensuel Forum organise ce soir aux Rotondes – dès 18h30 – une table ronde réunissant différents points de vue:

  • André Hoffmann (co-initiateur du périodique de gauche Paroles)
  • Mick Entringer (journaliste, radio 100,7)
  • Judith Reicherzer (Lycée Aline Mayrisch, département Médias)

  • Jean-Paul Zens (directeur du service des médias et des communications au sein du ministère d’État)
  • Et Paul Peckels (président du Conseil de presse)

Pas de candidats pour les nouvelles fréquences

La table ronde se déroule une semaine après la fin de la période de candidature pour l’octroi d’un nouveau réseau radio FM, le réseau «2» résultant de la fin de DNR. Les opérateurs intéressés avaient jusqu’au 2 mai pour soumettre une candidature, sans cahier de charge précis. Contactée par Paperjam.lu, l’Autorité luxembourgeoise indépendante de l’audiovisuel (Alia) a déclaré ne pas avoir reçu le moindre dossier de candidature.

Une absence d’intérêt qui s’explique probablement par la composition du réseau, soit une myriade (19) d’émetteurs. Un seul d’entre eux propose une puissance intéressante de 1kW, les autres déployant 100W, et ce sur six fréquences (103.4, 104.2, 105.6, 95.6, 99.4 et 94.3), rendant le dispositif technique complexe. 

L’ouvrage devra donc être remis sur le métier par le service Médias et Communications du ministère d’État en concertation avec l’Alia pour valoriser autrement ce «package».

Le cas audiovisuel

La table ronde intervient aussi alors qu’une étude sur le pluralisme de la presse au Grand-Duché a récemment été publiée par l’Université du Luxembourg.

Parmi les principaux enseignements, les auteurs (Raphaël Kies, Céline Schall et Kim Nommesch) pointent des «risques faibles» concernant la profession de journaliste, notamment quant à l’indépendance politique des médias et les droits fondamentaux comme la protection de la liberté d'expression.

Néanmoins, il ressort de l’étude que «le secteur des médias est l’un des plus concentrés en Europe», selon Raphaël Kies, assistant de recherche à l’Université du Luxembourg.

Avec un nombre de titres en presse écrite qui reste élevé, tant en quotidiens qu’en magazines, le marché est cependant dominé par deux groupes: Editpress et Saint-Paul. L’observation est encore plus marquée dans l’audiovisuel où RTL Group est ultra-majoritaire.

Si la taille du marché ne favorise pas forcément l’émergence de plusieurs nouveaux acteurs audiovisuels, la question mérite d’être posée dans un pays en forte croissance. La récente création de L’essentiel Radio avait été voulue par le gouvernement justement pour participer au pluralisme d’informations et répondre à la population francophone. Reste que RTL est aussi devenu – au fil de la construction du dossier de la radio – un partenaire de L’essentiel sur les ondes, même si son rôle est - pour l'instant - celui d’un «sleeping partner».

«La loi luxembourgeoise ne prévoit ni restrictions ni critères spécifiques qui permettraient de contrôler la concentration transmédiatique», ajoute Raphaël Kies dans son étude. Le chercheur s’interroge également sur les moyens dont dispose l’Alia qui doit tout de même contrôler quelque 50 concessions audiovisuelles, autant de chaînes qui sont domiciliées au Luxembourg et dont l’autorité doit – autant que faire se peut – en surveiller le contenu.