POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Data center de Betzdorf

Place forte pour les données de l’UE



Günther Oettinger, commissaire européen à l’Économie et à la Société numérique est entouré de Xavier Bettel et d’Étienne Schneider, ses invités, dans le nouvel espace de stockage de la Commission. (Photo: CTIE)

Günther Oettinger, commissaire européen à l’Économie et à la Société numérique est entouré de Xavier Bettel et d’Étienne Schneider, ses invités, dans le nouvel espace de stockage de la Commission. (Photo: CTIE)

La Commission européenne vient de choisir le Luxembourg pour héberger une partie de ses données. Construit par Post en 2012, le centre de Betzdorf est amené à devenir son lieu de stockage principal d’ici la fin 2017. Mené par le CTIE en un temps très court, le chantier a nécessité 35km de câbles électriques et 23km de fibres optiques et prévu 323 racks.

Construit par Post il y a quatre ans et situé dans le Parc audiovisuel et des télécoms proche de SES, le «European Resilience Center East» d’EBRC, en partie racheté par l’État depuis lors, hébergera dès à présent des données européennes, et ce pour une période de minimum 15 ans. 1.400 systèmes d’informations vont y être liés, traitant du marché unique, de la politique climatique, la santé, la sécurité alimentaire ou des fonds structurels.

Inauguré lundi par Günther Oettinger, commissaire européen à l’Économie et à la Société numérique avec deux invités de marque, Xavier Bettel, le Premier, et Étienne Schneider, le ministre de l’Économie, l’espace alloué aux besoins de la Commission est opéré par le Centre des technologies de l’information de l’État.

C’est aussi le CTIE qui a supervisé l’installation et l’équipement des salles étendues sur 1.414m2 et réparties sur cinq niveaux. «Il est rare de trouver un data center de cette envergure», cadre Gilles Feith, directeur du CTIE, en charge du volet technique du projet. «Particulièrement complexe, l’installation a engendré 65.000 rapports de tests data. Sur le plan du matériel, on en eu besoin de 23km de fibres optiques, 35km de câbles électriques, 6.500 plaques gravées et 4.000 étiquettes. Gérer tous les corps de métiers impliqués des électriciens aux techniciens a été un vrai challenge. À un moment donné, il y a eu 200 personnes présentes sur site en même temps.» Au total, ce sont 323 racks qui ont été installés. L’approche «green» a été une autre contrainte forte à respecter. 

Montrer l’expertise locale

Héritier du data center situé dans le bâtiment Jean Monnet situé au Kirchberg fermé pour cause d’amiante, le data center de Betzdorf a dû être aménagé très rapidement. En 32 semaines plus exactement, du 20 octobre 2015 au 30 mai de la même année. Pour y parvenir, l’équipe du CTIE a étroitement collaboré avec celle de la Digit (Direction générale de l’informatique de la Commission), qui prend dès à présent le relais pour la gestion quotidienne des systèmes. Et Gilles Feith de poursuivre: «Cette collaboration a été essentielle pour créer l’équipement de base des salles, des racks au câblage, en passant par les armoires où les machines sont installées.» Le CTIE interviendra encore à l’avenir lors d’extensions.

Classé «Tier IV constructed», soit le plus haut niveau de qualité décerné par l’Uptime Institute (un niveau au-dessus de «Tier IV by design»), le centre garantit une sécurité des données confiées optimales. On en dénombre 34 dans le monde, dont trois au Luxembourg.

Hier, la Place était un hub pour les banques, demain, ce sera un centre de confiance pour le numérique.

Gilles Feith, CTIE

Pour Gilles Feith, c’est justement dans ce créneau de haute technicité et qualité que le pays doit se positionner. «Le Luxembourg est devenu un vrai centre d’excellence en matière de data center. Son expertise est désormais reconnue à l’échelle internationale. Ce n’est pas dans le stockage massif avec des hectares de racks à la Amazon qu’il a une carte à jouer. Sa valeur ajoutée réside dans le haut de gamme.»

Le projet «Betzdorf» annonce aussi la création d’un centre d’expertise européen pour tout ce qui a trait au numérique, ici au Luxembourg. «Le Grand-Duché s’est déjà créé une niche dans la sécurité et la conservation à long terme de données sensibles. Il a de nombreuses compétences à partager, termine Gilles Feith. Hier, la Place était un hub pour les banques, demain, ce sera un centre de confiance pour le numérique.»