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Pas de vacance du pouvoir au Mudam



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Laurent Loschetter, pas directeur intérimaire, mais impliqué dans la réorganisation du Mudam. (Photo: Christian Aschman)

Le conseil d’administration du Mudam a mis en place une délégation pour traiter les affaires courantes, mais surtout pour préparer l’avenir en attendant une nouvelle direction.

Non, Laurent Loschetter n’est pas et ne sera pas directeur intérimaire du Mudam. L’intéressé a démenti l’information jeudi soir auprès de Paperjam.lu et en a profité pour préciser la stratégie que mène le conseil d’administration (CA) du musée dont il est membre en l’absence de directeur depuis le début de 2017, suite au départ d’Enrico Lunghi.

En amont de la conférence de presse qui sera donnée vendredi matin pour inaugurer les nouvelles expositions du musée, Paperjam.lu est donc en mesure de détailler le fonctionnement de la gouvernance mise en place par le CA. On apprend ainsi que deux équipes se sont constituées au sein du CA, l’une - appelée «délégation» - pour administrer le travail au jour le jour, et l’autre pour œuvrer au recrutement du futur directeur.

Composée de Philippe Dupont, vice-président du CA, Danièle Wagener et Laurent Loschetter, la délégation est là pour gérer les affaires courantes, avec un pouvoir de signature comparable à celui du directeur. «Nous passons beaucoup de temps dans les murs, auprès des équipes dans les différents services pour saisir les rouages de la machine et le fonctionnement des équipes entre elles», détaille Laurent Loschetter, qui admet avoir «découvert la qualité et le talent des personnes qui travaillent au musée».

Outre la gestion quotidienne, la délégation s’est donné pour mission de réorganiser les équipes, les services et l’organigramme pour que le musée «soit mis sur de bons rails pour le futur directeur». La première mesure aura été de licencier la directrice de la communication, Isabelle Piton, pour manque de résultat, sans pour autant que ce départ n'en annonce d'autres. Et Laurent Loschetter d’insister: «Le CA veut vraiment être un adjuvant pour le musée. Chacun de nous œuvre à pousser le Mudam à devenir le musée qu’il mérite d’être et à faire en sorte de libérer les talents qui y travaillent pour le faire grandir.» 

Un comité de sélection

«Dire quelle orientation ou ligne artistique doit suivre le Mudam n’appartient pas au conseil d’administration», martèle encore l’intéressé à Paperjam.lu. Cette tâche sera du ressort du futur directeur. Faisant confiance à l’équipe curatoriale en place pour les aspects artistiques et gérant donc lui-même les questions administratives, le CA ne veut pas de précipitation dans la nomination d’un successeur à Enrico Lunghi.

Il a donc été décidé de prendre le temps de chercher la perle rare. Pour cela, un comité de sélection va être mis en place avec trois membres du conseil d’administration et trois directeurs de musées internationaux, «de ceux du type grand format avec le bon carnet d’adresses».

Ce comité établira le profil du candidat souhaité et la description du poste puis effectuera une première sélection. Ce sera ensuite au conseil d’administration de choisir le futur directeur. «La procédure prendra du temps, nous nous sommes donné neuf mois.»

En attendant, les questions artistiques et notamment les projets d’expositions futures seront confiés aux curateurs en place, avec l’aval du comité scientifique. Plusieurs expositions sont déjà programmées jusque fin 2018. Une importante acquisition a même été menée tout récemment: «Untitled (Truck Tyres)» de Wim Delvoye est venu rejoindre les autres pièces que le Mudam possède de l’artiste belge.

«Curateurs, comité scientifique, conseil d’administration ont travaillé ensemble pour conclure cette acquisition. On ne peut pas parler de vacance du pouvoir!», conclut Laurent Loschetter. Pas directeur, donc, mais faisant largement fonction.