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Cinéma jeunesse

Pachamama, une épopée précolombienne



Le nouveau film d’animation «Pachamama», une production luxembourgeoise, plonge les spectateurs dans l’empire inca, juste avant l’arrivée des conquistadors, en suivant l’épopée de deux enfants.

C’est dans une salle mêlant équipe du film, équipe de production et enfants curieux que le nouveau film d’animation «Pachamama» du réalisateur Juan Antin a été présenté en avant-première le mercredi 28 novembre à Luxembourg. Ce dessin animé, qui sort en salles le 5 décembre, est produit par Folivari, O2B Films (France), Doghouse Films (Luxembourg) et Kaïbou Production (Canada). Il est distribué au Luxembourg par Tarantula.

Une aventure à hauteur d’enfants

Tepulpaï et Naïra sont deux enfants qui vivent dans un petit village de l’empire inca. Le totem protecteur de leur village, la Huaca, a été confisqué par l’intendant du Grand Inca et ils partent à sa reconquête. Pour cela, ils doivent se rendre à Cuzco, «la ville en forme de puma», où ils rencontreront le Grand Inca, mais aussi les conquérants espagnols, «ces hommes à la peau de fer et dont les bâtons crachent du feu» qui ne respectent rien et saccagent tout sur leur passage.

Mais cette histoire est aussi celle d’un récit d’apprentissage, car à la faveur des péripéties du récit, les enfants accomplissent leur cheminement intérieur. Des notions telles que le don de soi, l’humilité, le respect des autres et de la nature sont abordées. La grande histoire, la conquête des conquistadors sur le peuple inca, rencontre ainsi les petites histoires individuelles tout en s’inscrivant dans un grand tout.

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Une esthétique au service du récit

Ce film réalisé par Juan Antin présente un grand travail visuel. Avec Aurélie Raphaël à la direction artistique et Maria Hellemeyer à la création, l'équipe du film a su développer une esthétique qui sert le propos du film: les villageois sont dessinés tout en rondeurs, avec des lignes souples et organiques, les Incas sont plus structurés, plus angulaires, alors que les conquistadors sont de sombres silhouettes ne proclamant que quelques mots («oro», «diamentes») qui soulignent leur avidité et leur attitude prédatrice.

La musique de Pierre Hamon est l’autre point fort de cette animation. Ce spécialiste de musique Renaissance est aussi un passionné de musique précolombienne et possède des instruments vieux de plus de 2000 ans, des vases siffleurs, des flûtes en céramique, des flûtes serpents triples, ou les très étonnantes plumes de condors qu’il utilise pour la bande-son du film.

Un propos bien plus large

Mais au-delà de l’aventure des deux héros, le propos du récit est plus large. La question écologique est abordée à travers la cosmologie andine: Pachamama, la déesse de la Terre, est adorée tout au long du film et c’est elle qui permet l’équilibre naturel. Elle récompense ou punit en fonction de l’attitude des protagonistes.

Le film souligne que chaque individu fait partie d’un grand tout et que le respect (de ce que nous offre la nature, des autres) est à la base d’une vie harmonieuse. «L’histoire est conçue pour encourager à agir vis-à-vis de notre planète», précise Juan Antin.

Une aventure aussi luxembourgeoise

Ce film d’animation a été en partie produit au Luxembourg avec le concours financier et artistique de Doghouse Films, menée par Pierre Urbain et David Mouraire, qui ont poursuivi une collaboration avec Didier Brunner avec qui ils avaient déjà travaillé sur «Kirikou». Le film est un mélange de 2D pour les décors et de 3D pour l’animation des personnages, un choix opéré en faveur du stop motion pour des raisons économiques.

«Doghouse est intervenue sur environ la moitié du board et tout le layout des décors ainsi que la mise en couleur», explique Pierre Urbain. «Nous avons également pris en charge l’animation des effets spéciaux et la 2D». Le son a aussi été traité au Luxembourg avec un mixage réalisé chez Philophon. «Maintenant que notre premier long métrage est terminé, nous n’avons qu’une envie, terminer le second, à savoir Fritzi, un film qui s’articule autour de la chute du mur de Berlin», précise Pierre Urbain.

Et d’autres projets sont en cours: une adaptation du «Journal d’Anne Frank» par Ari Folman (début 2019), la production d’une série de 26 épisodes «Fox and Hare» avec un projet d’adaptation en long métrage à l’horizon 2020 et la production en partenariat avec RTL de «Een, zwee, dräi… Molemol!» pour une diffusion en 2020.

En salles au Luxembourg à partir du 5 décembre.