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Logement

Opportunité pour le Fonds de compensation



Ce projet, encore «à l’étude», serait une résidence de 23 appartements prochainement en construction à Grevenmacher. (Photo: ministère du Logement)

Ce projet, encore «à l’étude», serait une résidence de 23 appartements prochainement en construction à Grevenmacher. (Photo: ministère du Logement)

Le gouvernement présentait ce vendredi un projet pilote qui verrait le Fonds de compensation investir dans le logement locatif à coût modéré. Partant d’une première opportunité d’investissement, il espère développer un «nouveau modèle».

«C’est un changement de paradigme», déclaraient le ministre du Logement, Marc Hansen (DP), et le ministre de la Sécurité sociale, Romain Schneider (LSAP), ce vendredi, aux députés des commissions parlementaires compétentes, puis à la presse, lors de la présentation d’un projet pilote pour mobiliser davantage le Fonds de compensation, FdC, dans le développement du parc immobilier locatif à coût modéré.

Le projet, encore «à l’étude», serait une résidence de 23 appartements prochainement en construction à Grevenmacher (Kräizbierg) et représenterait un investissement initial de 8,5 millions d’euros environ. Les ministres décrivaient un nouveau modèle technique, selon lequel le FdC pourrait acquérir des terrains et immeubles (dans le cas de Grevenmacher, il achèterait l’immeuble du Fonds du logement) pour ensuite louer les logements à l’Agence immobilière sociale, AIS.

L’agence gérerait ensuite les logements «à loyer inférieur à 10 euros le mètre carré» (40% du prix de marché selon Marc Hansen), tout en «garantissant un rendement de 2,5%», hors incidence sur les prix du terrain, au Fonds de compensation. Exprimé autrement, le rendement bas permettrait de louer à prix abordable.

Potentiellement 12 projets

Le changement de paradigme est double: d’une part le gouvernement espère ouvrir la voie à un nouvel instrument pour développer des logements locatifs à prix abordable, et d’autre part la stratégie d’investissement du FdC prendrait davantage en considération sa «mission sociale» en ne misant plus strictement sur le rendement.

Tandis que le FdC gère actuellement un patrimoine immobilier constitué principalement de bureaux, et ce à hauteur d’«environ 410 millions d’euros», Romain Schneider estime qu’à terme, ce montant pourrait augmenter à 900 millions d’euros et atteindre ainsi les 5% des investissements du fonds, réservés en principe pour l’immobilier.

Selon le ministre de la Sécurité sociale, le FdC pourrait ainsi, potentiellement, lancer 12 projets semblables à celui prévu à Grevenmacher.

«Zukunftsmusék»

Le ministre du Logement espère pour sa part que ce modèle, une fois qu’il aura fait ses preuves, pourra être élargi en impliquant le secteur privé: «On pourrait envisager de développer ces mêmes modèles avec le secteur privé», lançait Marc Hansen.

Selon lui en effet, «ces 2,5% de rendement sont en train de devenir un placement très intéressant pour les promoteurs privés».

Il avertissait néanmoins qu’il s’agirait de «Zukunftsmusék», donc que ce ne serait «ni pour demain, ni pour les prochains mois ou même après».