COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Communication

Trois questions à Alain Berwick, CEO de RTL Luxembourg

«Nous voulons être vus, lus et écoutés partout»



Alain Berwick (RTL): «L’iPad correspond aux besoins des gens qui regardent une télé régionale comme la nôtre.» (Photo: Luc Deflorenne/archives)

Alain Berwick (RTL): «L’iPad correspond aux besoins des gens qui regardent une télé régionale comme la nôtre.» (Photo: Luc Deflorenne/archives)

RTL Luxembourg lance ce vendredi son application iPad «RTL iPad-Zeitung» en espérant égaler le succès de son application iPhone déjà téléchargée 70.000 fois. Le CEO Alain Berwick nous explique les raisons stratégiques de cette innovation. Il évoque aussi les limites économiques des nouveaux médias mobiles.

 

Monsieur Berwick, était-ce indispensable pour un média comme RTL Luxembourg de lancer une application iPad?

«La télévision a certainement un grand avenir pour des grandes chaînes qui diffusent des films, des séries, des programmes comme «A la recherche de la nouvelle star…», des émissions shows qui réunissent toute la famille. Mais l’iPad correspond aux besoins des gens qui regardent une télé régionale comme la nôtre, avec des magazines et des news. Mi-2009, nous avons aussi lancé une application iPhone. Elle a été déjà été téléchargée 70.000 fois.

C’est la raison pour laquelle nous croyons que ce prolongement, très valable pour la diffusion de nos contenus, aura encore plus de succès au Luxembourg qu’à l’étranger. C’est également une question de pouvoir d’achat. Il faut savoir que 50% de l’audience du Tour de France se fait déjà sur le mobile et les nouveaux supports.

Pensez-vous qu’une telle innovation contraindra les groupes de presse écrite à se diversifier pour offrir tous les médias disponibles?

«Non. La presse écrite a un avenir dans les articles de fond, dans la qualité et l’analyse. Le papier est complémentaire et également très agréable. Il y a néanmoins un problème de business model avec ces nouveaux médias mobiles qui coûtent, mais génèrent moins de revenus. Si un annonceur dépense 100 en télé, le même annonceur ne dépensera plus que 10 sur Internet et 1 sur le mobile.

Combien de temps avez-vous consacré au développement de cette application?

«Nos équipes ont travaillé trois mois de façon très intensive en programmation. Nous avions néanmoins un avantage, car nous avions déjà développé nous-mêmes des applications pour l’iPhone, pour Eldoradio et pour le groupe RTL. Nos collègues belges reprendront certainement nos développements. Je signale que nous ne sommes pas liés à Apple. Nous voulons être présents sur tous les supports possibles. Nous allons faire la même chose pour Blackberry dans deux semaines, Android et pour d’autres. Notre idée finale, c’est que nous voulons être lus, vus et écoutés partout.»