ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

Timothy Manuel (Toyota et Lexus Belux)

«Nous voulons doubler nos parts de marché au Grand-Duché»



Timothy Manuel: «Depuis le dieselgate, de plus en plus de clients sont intéressés par des technologies alternatives.» (Photo: DR)

Timothy Manuel: «Depuis le dieselgate, de plus en plus de clients sont intéressés par des technologies alternatives.» (Photo: DR)

Depuis tout juste un an, Timothy Manuel est à la tête de Toyota et de Lexus Belux, avec pour mission de dynamiser la présence des deux marques sur ces deux marchés. Avec des objectifs précis. Entretien.

Monsieur Manuel, quel regard jetez-vous sur le marché automobile luxembourgeois?

«C’est un marché qui est très intéressant parce qu’il est assez premium. Il est également stable, ce qui est important pour nous parce qu’il y a énormément de fluctuances dans les autres marchés et que nous préférons la stabilité.

Le fait qu’il soit plutôt premium nous intéresse au regard de notre offre de produits, puisque – avec la marque Lexus – cette offre est assez unique. En effet, notre gamme ne propose que des véhicules hybrides, ce qui nous différencie un peu par rapport aux autres marques premium. Ce qui vaut d’ailleurs aussi un peu avec Toyota.

Donc, je me répète, le marché luxembourgeois est intéressant pour nous, même si avec nos deux marques, notre part de marché ne tourne qu’aux alentours de 2% avec un peu plus d’un millier de véhicules immatriculés l’an dernier. Et on estime qu’on mérite mieux!

Dans quelle mesure comptez-vous améliorer ce résultat?

«Nous nous sommes fixé comme objectif de parvenir à 5% de part de marché d’ici 2020 partout en Europe, et donc aussi au Luxembourg, où nous comptons donc vendre d’ici trois ans un peu plus de 2.000 Lexus ou Toyota chaque année.

Quelle est la stratégie de Toyota et de Lexus au Luxembourg?

«Comme je vous l’ai dit: faire mieux un peu partout en Europe en général, et au Grand-Duché en particulier, sachant que le marché européen est trusté par beaucoup de marques ‘locales’. Notre ambition n’est pas de devenir leader sur ce marché, mais on estime qu’une part de 5% sur celui-ci serait plus acceptable.

Nous avons les vents avec nous. Les législations évoluent, certaines technologies de motorisation ont moins la cote en ce moment et, de ce fait, on pense pouvoir offrir des produits de manière intéressante sur le marché, et atteindre ainsi notre objectif.

Parlez-nous de votre réseau…

«Nous cherchons à le développer. Pour l’instant, nous avons une concession pour Lexus au Grand Garage de Luxembourg, et trois autres pour Toyota, dont une au même endroit à Bertrange et deux autres à Ettelbruck, chez Deltgen, et à Foetz, chez Lentz.

C’est une présence qui est limitée face à la concurrence et que nous souhaitons donc étendre pour élargir davantage notre couverture du pays. C’est à l’étude actuellement. Et c’est important pour valoriser notre gamme de produits à destination des particuliers, ainsi que de la clientèle fleet, pour laquelle il y a aussi un potentiel important.

Quel est le profil type du client que vous recherchez?

«Chez les particuliers, je dirais celui qui recherche une solution de mobilité respectueuse de l’environnement. C’est notre valeur ajoutée, notre unique ‘selling point’!

Si, il y a quelques années, cette population était encore ‘de niche’, aujourd’hui, on voit qu’après le dieselgate, de plus en plus de clients sont intéressés par des technologies alternatives.

Mais le client fleet est aussi prioritaire. Et là, on voit aussi que la plupart des sociétés sont de plus en plus intéressées aussi par des solutions de mobilité plus écologiques. Et là, on mise bien évidemment sur notre solution hybride, mais aussi sur l’hydrogène, qui est notre deuxième technologie, que nous poussons assez fortement et qui intéresse un certain nombre de sociétés.

En matière de leasing, comment Toyota ou Lexus peuvent-elles se positionner notamment face à la concurrence allemande qui domine de manière presque outrageante le marché ici?

«Je dirais que jusqu’à maintenant, on n’avait pas de véritable stratégie de développement autour du business fleet. On n’a jamais été très actifs. C’était un choix de Toyota. Mais aujourd’hui, nous avons commencé par mettre en place des équipes pour s’occuper de nos clients fleet et leur proposer notre offre de services et nos produits. Et on observe qu’il y a un intérêt grandissant de la part des sociétés sur le sujet. Ça passe donc par cela: mieux mettre en avant notre offre, tout simplement.

Volvo a fait savoir ce mercredi qu’elle allait renoncer aux moteurs classiques pour ne plus proposer que des solutions hybrides ou «tout électrique» à compter de 2019. Que vous a inspiré cette annonce?

«Je m’en félicite! Parce que c’est une marque qui compte sur le marché et qui rejoint d’une certaine manière nos points de vue à nous, qui étions pionniers, puisque je rappelle qu’il y a plus de 20 ans que nous faisons la promotion de motorisations alternatives.

Donc, je me réjouis aussi qu’ils croient de plus en plus dans la technologie alternative et sortent des motorisations classiques. Cela va nous permettre de communiquer plus facilement sur ces nouvelles technologies et de convaincre aussi plus facilement les consommateurs d’y adhérer. Plus nous serons de constructeurs à aller dans cette direction, mieux ce sera. Sachant que nous sommes déjà – au Luxembourg – à plus de 55% de pénétration en hybride pour Toyota et à 97% pour Lexus.»