COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Communication

Trois questions à Pascal Dormal (Numericable)

«Nous sommes nettement moins chers»



Pascal Dormal (Numericable): «Très forte migration vers l’offre combinée liant Internet, la télévision et la téléphonie.»  (Photo: Numericable)

Pascal Dormal (Numericable): «Très forte migration vers l’offre combinée liant Internet, la télévision et la téléphonie.» (Photo: Numericable)

Un consortium associant des sociétés d’investissement française, belge et luxembourgeoise vient de reprendre les activités du câblo-opérateur en Belgique et au Luxembourg. Pascal Dormal, nouveau directeur général de la jeune entité insiste sur le besoin de penser localement et de favoriser l’émergence d’un marché national consolidé.

Monsieur Dormal, quels sont les enjeux de cette transaction pour Numericable Luxembourg?

«La transaction a été bouclée vendredi 1er juillet. La nouvelle société est investie par des actionnaires plus locaux et spécialisés dans le câble et les télécoms, à savoir Apax partners, Deficom et Altice, cette dernière étant basée au Luxembourg. Auparavant, l’entité luxembourgeoise était dirigée depuis le nord-est de la France.

Jusqu’à peu responsable de l’activité en Belgique, je peux témoigner de l’évolution positive de la société. Nous avons connu une très forte croissance, à deux chiffres, notamment au niveau des revenus. Pour ce qui relève des tendances, nous constatons une très forte migration vers le ‘triple play’. Dorénavant 40% des abonnés souscrivent à des offres liant Internet, la télévision et la téléphonie. En outre, la croissance est plus forte en Belgique qu’au Luxembourg (Numericable compte néanmoins quelque 30.000 abonnés et 25% de part de marché au Grand-Duché, ndlr.).

Comment expliquer cette différence de croissance?

«Elle est due à plusieurs facteurs. Tout d’abord nous n’offrons pas la même gamme de produits dans les deux pays. La capacité de la bande passante en Belgique atteint les 100Mb. Au Luxembourg, elle n’est pour l’instant que de 30Mb.

Mais la principale différence tient au fait que nous avions moins de présence locale au Grand-Duché. Nous étions un peu trop gérés depuis la France. Ainsi dorénavant, pour assurer un ancrage local, nous relocalisons la gestion de la société au Luxembourg. Ce sera même notre marque de fabrique.
Nous voulons être un acteur local. En avril, nous annoncions la création d’un call center luxembourgeois à Differdange, sous-traité par la société Ebos.
Nous prévoyons par ailleurs de croître au niveau du personnel. Nous comptons déjà 30 personnes aujourd’hui à Luxembourg, sous-traitants exclus, et recherchons des collaborateurs spécialisés dans le marketing et la gestion afin de renforcer notre connaissance du marché. Plus personnellement, je serai basé entre Luxembourg et Bruxelles.

Comment appréhendez-vous le défi de la fragmentation du marché luxembourgeois?

«Si on regarde le marché du câble en Europe, nous constatons une consolidation avec l’émergence d’acteurs nationaux. En Allemagne, il y en a deux ou trois. En France, un. Mais le Luxembourg a échappé à cette tendance et de nombreux petits acteurs locaux coexistent et restent indépendants; ce qui peut paraître anachronique avec la généralisation de la télévision numérique. Notre volonté est donc d’aller vers eux, de leur parler, de travailler à des accords de partenariat. Nous souhaitons collaborer, car nous pensons que le câble doit s’unir pour offrir un meilleur service.

En plus, cela contribuerait à jouer le rôle voulu par le gouvernement pour le très haut débit. Quel que soit le promoteur du projet. Nous sommes, ici, en concurrence avec P&T, mais nous sommes nettement moins chers en termes de triple play, soit 20 à 30 euros de moins.»