POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Luc Frieden, l’Europe et le Luxembourg

«Nous ne devons pas nous reposer sur les succès passés»



Pour Luc Frieden, «l’Europe est et doit rester une partie de l’ADN du Luxembourg». (Photo: Steve Eastwood / archives)

Pour Luc Frieden, «l’Europe est et doit rester une partie de l’ADN du Luxembourg». (Photo: Steve Eastwood / archives)

L’ancien ministre des Finances (CSV) s’est exprimé lundi au sujet de l’Europe. Il en a ainsi profité pour exposer quelques idées concrètes afin de positionner le Luxembourg, et ce avec un objectif: celui que la croissance et la prospérité continuent au Grand-Duché.

«Sans le succès de l’Europe, le Luxembourg ne peut réussir. L’Europe est et doit rester une partie de l’ADN du Luxembourg», a affirmé lundi Luc Frieden à la Chambre de commerce britannique.

Dans son discours, l’ancien ministre des Finances luxembourgeois a insisté sur l’importance de l’Europe, tout en soulignant la nécessité d’une réforme. Selon lui, l’Europe doit se concentrer sur la coopération et l’intégration, des éléments apportant une véritable valeur ajoutée à ses États membres et faisant ainsi écho aux propos de Mario Monti la semaine dernière sur l’avenir de l’UE. 

Nos relations avec les États-Unis doivent rester une priorité.

Luc Frieden, ancien ministre des Finances luxembourgeois

Au sujet du Brexit, se référant implicitement au livre blanc de Jean-Claude Juncker pour l’avenir de l’Europe, Luc Frieden s’est prononcé en faveur d’une Europe de «cercles»: «Nous devrions avoir trois cercles ou plus», a-t-il affirmé, avant de détailler: «Le premier groupe de pays aurait beaucoup en commun, pas seulement d’un point de vue économique, mais aussi politique.» «Le deuxième cercle pourrait regrouper ceux qui voient simplement l’Europe comme un marché unique. Le troisième cercle serait celui des plus proches alliés et amis de l’UE, tels que le Royaume-Uni ou la Suisse.» Quant aux relations avec les États-Unis, le président du conseil d’administration de la Bil a rappelé qu’elles doivent «rester une priorité». Et pour le conservateur, le Luxembourg doit assumer son rôle de chef de file dans les futures négociations.

En campagne pour 2018?

Insistant sur le fait qu’il ne préparait pas de campagne électorale, l’ancien ministre luxembourgeois a toutefois exposé quelques propositions, parmi lesquelles une baisse des impôts – des entreprises comme des particuliers – pour rendre le pays plus attractif pour les investisseurs, une discipline budgétaire ou encore un classement accru de la compétitivité.

Nous devons identifier les questions pour lesquelles nous pouvons et nous devons être meilleurs que nos voisins.

Luc Frieden, ancien ministre des Finances luxembourgeois

Construire une Europe forte

«Le succès ne vient pas seul», a également affirmé Luc Frieden, «nous ne devons pas nous reposer sur les succès passés». L’ancien ministre a ainsi rappelé l’importance de «construire une véritable relation de partenariat et d’amitié avec le Royaume-Uni», mais aussi de se souvenir d’«où se trouvent nos vrais alliés – ceux qui partagent nos valeurs», les États-Unis. «Nous devons identifier les questions pour lesquelles nous pouvons et nous devons être meilleurs que nos voisins», a-t-il ensuite ajouté, avant de conclure: «Alors seulement, nous aurons une garantie de succès à l’avenir que je souhaite à chacun d’entre nous.»