PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fonds

Comptes sociaux 2012

Nobles Crus croit à la sortie de crise



L'horizon du fonds Nobles Crus devrait se déboucher prochainement. (Photo: Le couteau publicitaire)

L'horizon du fonds Nobles Crus devrait se déboucher prochainement. (Photo: Le couteau publicitaire)

L’assemblée générale de la Sicav Elite’s Exclusive Collection, qui commercialise entre autres le fonds spécialisé dans les grands vins Nobles Crus, a approuvé mardi les comptes 2012 que le cabinet d’audit Deloitte a mis un temps fou à valider après la controverse autour des méthodes de valorisation des vins.

Enfin! Après la controverse sur la valorisation du compartiment Nobles Crus (grands vins) du fonds d’investissement Elite’s Exclusive Collection, dédié aux produits de luxe, le cabinet d’audit Deloitte a signé le 20 novembre 2014 les comptes de l’exercice 2012, assortis d’une «opinion qualifiée» (Qualified opinion) au sujet de transactions sur des vins – d'ailleurs pas encore livrés – pour un montant de plus de 10 millions d’euros, représentant 14,8% des actifs du fonds au 31 décembre 2012.

Nous ne rentrerons pas dans les détails techniques livrés par le réviseur d’entreprises qui semble avoir marché sur des œufs pour certifier les comptes de l’exercice 2012, après les avoir regardés sous tous les angles. Dans un langage très choisi, les dirigeants de la Sicav ont indiqué que l’auditeur s’est donné le temps de l’analyse et qu’il s’était montré particulièrement «pointilleux» dans l’examen du bilan 2012.

Toujours est-il que ce mardi, ces comptes ont été soumis à l’assemblée générale qui les a approuvés, ce que la managing partner d’Elite’s Exclusive Collection, Miriam Wilson, a confirmé à Paperjam.lu. Une dizaine d’investisseurs avait fait le déplacement à Luxembourg et avait bien sûr pas mal de questions à poser sur l’évolution de la situation du compartiment Nobles Crus dont la valeur nette d’inventaire avait été suspendue en mai 2013 par la CSSF, après une demande de rachat massive (plus de 30 millions d’euros) de la part d’un institutionnel (Generali) pour des raisons de changement de régulation.

La décision du régulateur luxembourgeois de geler les demandes de rachats avait été prise dans un but de «protection des investisseurs», le fonds ne pouvant pas faire face à cette demande de l’institutionnel. Cela eut alors un effet domino sur les autres investisseurs qui cherchèrent à leur tour à sortir de Nobles Crus, dans un contexte déjà très tendu de doutes autour des méthodes de valorisation du portefeuille des grands vins.

Attaque des médias

«Au cours des deux dernières années, Nobles Crus a dû faire face à beaucoup de difficultés», souligne le rapport de gestion du compartiment, précisant qu’en raison des attaques des médias et des changements dans la régulation, des «demandes de rachats significatives» sont intervenues au quatrième trimestre 2012 et entre 2013 et aujourd’hui.

Le rapport de gestion signale toutefois que Nobles Crus a passé «avec succès» un certain nombre de stress tests depuis septembre 2012, qui ont levé les doutes sur la valorisation de certains vins.

Les «difficultés» de 2012 se sont traduites par des demandes de rachats et des ventes de quelque 70 millions d’euros, dont 20 millions restent encore à honorer avant de pouvoir espérer la levée de la suspension décrétée par la CSSF. Selon le rapport de gestion 2012, des pourparlers sont en cours pour la vente de bonnes bouteilles du portefeuille qui se fera en gros lots et sans être bradées pour autant. Les dirigeants prennent le temps et se sont dits confiants sur l’issue des négociations avec les marchands.

Ramené à 30 millions d’euros, alors qu’il avait atteint les 120 millions d’actifs (ce qui en faisait le premier fonds de sa catégorie) s’il n’y avait pas eu les deux accidents de parcours (le rachat par Generali et les «attaques» des médias), le fonds devrait entamer sa nouvelle vie. «Nous sommes plus que convaincus», souligne le rapport de gestion, «que si les investisseurs continuent de nous faire confiance et nous donnent le temps nécessaire, nous serons en mesure d’éviter un impact négatif».