POLITIQUE & INSTITUTIONS

« BIL Woman Business Manager of the Year Award »

Netty Thines : Un métier d’experts



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Netty Thines (Mediation) : « Faire évoluer les mentalités » (Photo : Julien Becker)

La fondatrice de Mediation est en veille permanente pour maintenir la qualité de son activité, mais aussi celle du secteur de la communication dans son ensemble.

Vingt ans qu’elle tient la barre de l’agence de communication qu’elle a créée. Dans un secteur où les faillites succèdent aux lancements, où l’amateurisme le dispute au professionnalisme, Netty Thines a su inscrire son aventure entrepreneuriale dans la durée. C’est cette réussite, désormais consacrée – même si l’intéressée admet rester vigilante –, qui a motivé la fondatrice de Mediation à poser sa candidature pour le « BIL Woman Business Manager of the Year Award ».

Mais pas uniquement. Elle revendique également un amour inconditionnel de la communication et milite pour que « la profession soit reconnue à sa juste valeur ». Formée à l’Université Libre de Bruxelles, où elle a décroché en 1987 une licence en journalisme et communication, Mme Thines est avide de connaissances. Elle a suivi une demi-douzaine de formations dans des domaines aussi variés que les relations publiques, la qualité ou la programmation neurolinguistique.

Une envie d’explorer de nouveaux champs de savoir qui lui a offert, dès le début de sa carrière, deux atouts essentiels : l’adaptation et la réactivité. « Je suis devenue cheffe d’entreprise à l’âge de 27 ans, se souvient-elle. Il a fallu tout créer à partir de rien, du business plan à l’aménagement des locaux. Jeune et peu expérimentée, je devais convaincre des entrepreneurs de renom de me faire confiance sur des services innovants et peu développés sur le marché. »

« Être acteur de sa vie »

Très vite, la jeune femme se heurte également à des problèmes de recrutement. Les formations spécialisées en communication sont alors inexistantes. Elle met un place un procédé innovant : « des guidelines internes reposant sur une approche qualité ISO qui me permettent de former le personnel de façon plus homogène et plus systématique. » Elle développe également, avec un informaticien, un outil de gestion de projets et de bases de données, afin d’améliorer la productivité de sa société.

En veille permanente, Netty Thines s’attache à rester à la pointe dans son secteur. En 2008, elle entreprend un audit interne et externe, afin de connaître l’image de Mediation auprès des clients et collaborateurs. « Cette étude m’a permis d’optimiser la stratégie de l’entreprise, d’adapter mes techniques de management et surtout d’améliorer le service au client. »

« Notre secteur est sujet à un changement profond, notamment avec l’émergence des nouveaux médias et technologies. Selon moi, l’avenir de la communication dépend de la valeur ajoutée que peuvent donner les prestataires de services et du retour sur investissement de leurs actions. Ainsi, il me tient à cœur d’en discuter avec d’autres spécialistes », explique celle qui fut l’organisatrice, début septembre au Luxembourg, d’un congrès européen sur les dernières tendances de la communication événementielle.

Si elle s’engage autant dans les associations professionnelles, c’est « pour rester informée sur les marchés, mais aussi pour faire évoluer les mentalités ». Mme Thines est actuellement membre du comité de la MarkCom (Association luxembourgeoise des agences-conseils en communication) et de la CLC. Soucieuse de partager son expérience et son savoir-faire, elle est également active dans la FFCEL et a été nommée l’an dernier « femme ambassadrice de l’entrepreneuriat luxembourgeois ».

« Au fil des années, nous avons donné du travail à beaucoup de jeunes et de femmes rentrantes », mentionne-t-elle. Mediation – qui emploie huit collaborateurs et revendique 1.200 clients en 20 ans –, forme animateurs, hôtesses et étudiants. « Ce qui m’a toujours surprise, c’est leur timidité, leur manque de confiance en eux. Beaucoup n’ont pas compris qu’ils sont acteurs de leur vie et se déchargent de leurs responsabilités. Je suis fière de voir comment ils évoluent au fil de leurs missions. »

Un souci de responsabilité sociale qui pourrait se concrétiser, en cas de victoire, dans deux projets : l’un, plutôt ludique, destiné à ses collaborateurs et l’autre, plus académique, visant à financer des recherches en neurosciences, pour l’analyse des réactions d’un public multiculturel dans un cadre… événementiel, bien sûr.