ENTREPRISES & STRATÉGIES

Start-up

Mieux cerner l’investisseur



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Julien Revelle, l'un des deux associés et fondateurs. (Photo: Olivier Minaire)

Gros plan sur une start-up luxembourgeoise qui sera peut-être un fleuron de l’économie de demain: Neurodecision.

Neurodecision place un algorithme issu d’études en finance comportementale au service du profilage des clients investisseurs.

Le concept

Neurodecision a développé une application qui permet, en répondant à quelques questions, de définir le profil de risque d’un investisseur. «Cette solution s’adresse particulièrement aux conseillers en investissement qui, considérant les nouvelles réglementations, et notamment Mifid II, sont contraints de mieux documenter le profil d’investisseur de leurs clients, explique Julien Revelle, l’un des deux associés. Au-delà, l’outil et les résultats qu’elle propose permettent de délivrer un meilleur conseil et un service de qualité, en étant mieux informé des attentes du client.» Le modèle s’appuie sur de nombreuses recherches scientifiques menées en finance comportementale, et notamment sur les travaux dirigés par la cofondatrice de la start-up, Tiphaine Saltini, qui conclut une thèse en la matière. «L’algorithme mis au point permet d’obtenir des résultats fins et fiables à partir d’un test prenant quatre à cinq minutes, nettement plus acceptable pour le client qu’un questionnaire long et fastidieux.»

Le développement

L’entreprise est donc née de l’association d’une doctorante en finance comportementale et d’un technicien, adepte des problématiques statistiques. «Ensemble, nous avons voulu transformer les résultats de la recherche en une application concrète, au profit des acteurs économiques confrontés à de nouveaux enjeux réglementaires et de compétitivité», commente M. Revelle. La start-up a intégré l’incubateur de KPMG Luxembourg, le Khube, en juillet dernier. Il a fallu travailler sur un algorithme complexe, pour apporter une solution simple d’utilisation, friendly pour les clients. Un site a aussi été mis en ligne, qui permet de passer le test, histoire de se faire une idée. «Le test ne restera pas éternellement en ligne. Deux développeurs améliorent la solution. L’objectif est de pouvoir l’intégrer au cœur des systèmes des institutions financières, afin qu’elles puissent améliorer leurs services et leurs conseils, tout en restant compliant.»

Le marché

Si l’entreprise s’adresse en priorité à des asset managers, à des conseillers financiers, à des banques privées ou de détail, elle exploite d’autres applications, dans le domaine du micro-crédit par exemple. Au-delà de sa solution logicielle, elle accompagne les organisations à mieux appréhender ces problématiques de profilage des clients vis-à-vis des divers enjeux. La start-up, très jeune et en phase de développement, s’appuie sur les réseaux des fondateurs qui, de New York à Hong Kong en passant par la Suisse et le Luxembourg, prêchent la bonne parole sur les possibilités offertes par la finance comportementale en matière de profilage des investisseurs. «Les exigences européennes de connaissance des clients s’appliquent à travers le monde. La recherche en sciences cognitives appliquée à la finance est porteuse de nombreuses opportunités. Elles n’ont pas encore souvent fait l’objet d’un intérêt pour une application concrète. Mais les choses sont en train de changer», poursuit l’associé de Neurodecision.

Les perspectives

Récemment intégrée au programme proposé par KPMG Luxembourg, Neurodecision espère pouvoir conclure un partenariat avec une institution financière dans les tout prochains mois. «Pour nous, le Luxembourg, en tant que principal centre financier inscrit dans l’Union européenne, est intéressant pour appuyer notre développement, ajoute Julien Revelle. Mais nous discutons aussi avec des acteurs hors de la Place, notamment en Suisse.» Un premier partenariat permettra d’affiner le concept à l’épreuve du réel, mais aussi de lui octroyer du crédit et de la visibilité. «Nous nouons actuellement beaucoup de contacts et espérons, prochainement, pouvoir démontrer concrètement la plus-value de notre solution.» En attendant, l’équipe continue à affiner la solution et à proposer d’autres services, histoire d’assurer son fonctionnement. «Dans le courant de l’année prochaine, nous espérons pouvoir profiter d’une levée de fonds», poursuit le cofondateur.