ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Interview

Michel Bonvoisin : « Pour le Luxembourg en particulier, nous tablons sur une croissance à deux chiffres »



bonvoisin-sword_001.jpg

Michel Bonvoisin - directeur, Sword Technologies (Photo : David Laurent/Wide)

Monsieur Bonvoisin, quel est le métier de Sword Technologies ?

« Nous sommes un intégrateur. Nous réalisons environ 70 % de notre chiffre d’affaires avec différentes institutions européennes. C’est la raison pour laquelle une grande partie de notre activité se répartit entre la Belgique et le Luxembourg. Parmi nos clients institutionnels gérés à partir du Luxembourg, on peut citer la Commission européenne, le Parlement européen, la Cour des comptes européenne, le Centre de traduction, l’Office des publications et, en Angleterre, l’European Medicines Agency.

Notre stratégie est de capitaliser sur notre savoir-faire et sur notre expérience des environnements complexes, pour les offrir à nos clients privés et publics luxembourgeois.

Notre spécialité est la mise en place de solutions sur mesure et plus particulièrement l’automatisation des processus permettant d’extraire l’information à partir des données brutes présentes dans les systèmes informatiques.

Nous sommes des experts dans le domaine de la business intelligence , dans le développement de portails d’entreprise. Grâce au support de centres de compétence du groupe, nous développons également des activités de niche parmi lesquelles les SIG (systèmes d’information géographique) et l’éditique. L’éditique englobe tous les processus liés à l’édition et la production de documents en masse.

Quel est votre rôle ?

« Je suis le directeur de la business unit au Luxembourg. Cela veut dire que le développement commercial, les résultats de la structure luxembourgeoise et la gestion quotidienne de l’unité sont de ma responsabilité. Faire partie d’un grand groupe européen coté en bourse à Paris, nous donne l’assise financière nécessaire pour répondre aux attentes des grands clients luxembourgeois. Évidemment cela nous impose une grande rigueur dans la gestion des moyens de la société. Par ailleurs, nous faisons jouer les synergies entre les différentes business unit du groupe. Par exemple, nous offrons une solution offshore et on-site, en collaboration avec l’Inde, pour la réalisation du contrat cadre Data Warehouse à l’EMA. Depuis janvier 2012, nous offrons des services sur toute la chaîne éditique de nos clients en intégrant notre centre de compétence basé en France.

Nous sommes aujourd’hui une quarantaine de consultants au Luxembourg, auxquels il faut ajouter une vingtaine d’externes. Lorsque je suis arrivé il y a deux ans, nous avons décidé de développer notre activité vers les grands acteurs privés et publics luxembourgeois. Nous nous sommes positionnés de la même manière que pour les institutions européennes, avec notre savoir-faire, notre flexibilité et notre expérience des environnements complexes. Les quatre plus grandes banques nous font déjà confiance, d’une part grâce à notre présence depuis plus de 10 ans sur la place luxembourgeoise et d’autre part grâce à notre capacité à mobiliser des compétences à forte valeur ajoutée en local ou à travers le groupe.

Le secteur des technologies de l’information est particulièrement « dynamique ». Est-il possible de prévoir son développement et l’évolution du marché ?

« Le travail avec les institutions européennes permet d’avoir une visibilité à moyen terme sur le devenir de la structure. Cela permet donc de garantir une certaine pérennité, et donc une capacité à investir. Nous sommes conscients que la rentabilité de certains projets doit se calculer sur plusieurs années. C’est également la raison pour laquelle nous privilégions les relations à long terme avec nos clients.

Étant habitués à une concurrence internationale sur le marché des institutions européennes, nous sommes en mesure de présenter une démarche compétitive à nos clients confrontés à la mondialisation.

Notre stratégie de nous développer vers le privé et les institutions publiques luxembourgeoises s’est révélée payante, et nous pouvons déjà compter sur de nombreux nouveaux clients ces derniers mois. C’est avec eux que nous ferons la croissance. Notre nouveau responsable commercial, Fabrice Kraemer, est pour beaucoup dans ce succès.

Notre portefeuille de services s’appuie sur des technologies pérennes, déjà largement éprouvées ou de pointe. Je dirais que nous avons un esprit à la fois entrepreneurial et ‘conservateur’. C’est avec ces principes que nous faisons une veille technologique permanente. Cet investissement est nécessaire pour garantir un service durable et de qualité à nos clients. Nous travaillons avec différents partenaires ou éditeurs, comme IBM, Microsoft, SAP et Oracle. Nos recommandations technologiques sont élaborées avec rigueur et précision, car c’est notre réputation d’expert que nous engageons...

Notre ambition est de travailler sur le long terme, en conseillant et en assistant nos clients.

Sword Technologies est la filiale d’un groupe d’origine française, mais dont la décision de transférer le siège au Luxembourg a été prise il y a plusieurs semaines. Quelles sont les con­séquences sur votre activité ?

« Je pense que Sword Technologies, en tant que société, doit encore construire son image sur le marché privé luxembourgeois. Le déplacement du siège au Luxembourg est l’occasion d’affirmer que nous considérons le Luxembourg comme un élément important de notre stratégie du groupe.

Ensuite, nous sommes dans une structure transversale, il n’y a pas 10 niveaux de management. Je rapporte directement à notre PDG, Jacques Mottard. Cela facilite les prises de décisions rapides, ce qui est essentiel si l’on veut investir efficacement. Je dispose d’un véritable pouvoir de décision pour la gestion à court et moyen termes. S’il s’agit d’investissements sur plus d’un an, il y a bien entendu des discussions à faire, des business cases à construire, mais le modèle privilégie clairement l’entreprenariat.

Le fait que le siège du groupe se déplace à Luxembourg va bien entendu changer des choses pour nous. Il y aura une équipe sur place, ce qui nous permettra d’être encore plus proches de la direction du groupe. Et comme je l’ai dit, cela permet également de confirmer notre ancrage local, lorsque nous discutons avec nos interlocuteurs : notre présence, tant en Belgique qu’au Luxembourg, n’est pas simplement une vision, mais c’est l’axe sur lequel Sword veut construire son avenir.

Il y a les technologies, et ceux qui les mettent en œuvre… Réussissez-vous à recruter ?

« Nos objectifs de croissance au Luxembourg et en Belgique sont ambitieux. Pour le Luxembourg en particulier, nous tablons sur une croissance à deux chiffres. Cela passe par un recrutement important. Depuis le début de l’année, nous avons embauché sept consultants, et ce n’est pas fini. Nous préférons les salariés aux freelances, car cela nous permet de nouer des rapports privilégiés, à la fois sur le plan professionnel et sur le plan personnel. Nous investissons également en travaillant sur la formation et les qualifications, notamment à travers la certification de nos équipes.

Je préfère les consultants polyvalents, qui maîtrisent plusieurs technologies. Si l’on veut pouvoir être de bon conseil, il est nécessaire de pouvoir baser sa réflexion sur la comparaison entre différentes plates-formes. C’est pour cette raison que nous engageons des experts reconnus et des jeunes talents.

Gérer une équipe qui est partiellement chez le client est complexe. Comment travaillez-vous à construire une culture d’entreprise qui permet aux employés de bien s’identifier à leur structure ?

« En tant que société de service, nos consultants construisent leur expertise grâce à un plan de formation et à l’expérience gagnée sur différents projets et chez différents clients. Sur le plan humain, nous privilégions une atmosphère conviviale qui permet de partager un peu plus que juste du travail. Il s’agit de créer une proximité entre les membres d’une équipe, à travers des événements d’entreprise, une ambiance agréable et des échanges réguliers. Tout cela donne envie de collaborer lorsqu’il s’agit de travailler.

Pour les consultants de l’équipe qui travaillent chez nos clients, nous essayons de garder le contact avec eux au maximum. Nos événements d’entreprise sont organisés entre midi et deux, mais également le soir, ce qui permet, selon le contexte, aux uns et aux autres de pouvoir participer. Quand je parle d’événements internes, en fait je parle de deux choses… Nous avons une ‘veille technologique’, sur les tendances qui peuvent nous intéresser ou intéresser nos clients. Et nous avons une ‘veille gastronomique’, où l’on parle… moins de travail… Par exemple, ce mois-ci, nous allons avoir un événement ‘fromages belges’… Cela aide à créer des liens.

Un consultant qui veut me parler sait qu’il le peut. Je répète souvent que je ne peux résoudre les problèmes que si je suis informé… Au quotidien, il faut savoir gérer et équilibrer ce que l’on demande et ce que l’on donne à chacun. Chacun a ses forces et ses faiblesses, et il y a des moments où l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle varie. Je ne veux pas créer de stress inutile dans l’entreprise. »

 

Parcours - Pour l’équipe

Âgé de 39 ans, Michel Bonvoisin a suivi des études d’ingénieur civil à Liège et à Leuven. Après une première expérience dans le secteur bancaire, il rejoint le secteur ICT, en travaillant pour Cap Gemini, Getronics et enfin IBM. Ce qui l’a convaincu de rejoindre Sword il y a deux ans ? « De nombreuses choses, mais il y a principalement la culture entrepreneuriale de Jacques Mottard où la personne humaine a toute sa place. L’équipe dirigeante et l’équipe luxembourgeoise avec lesquelles je travaille, étaient des critères décisifs. »