POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Objectif atteint

«Mener une politique qui puisse changer la vie de tous»



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Sven Clément: «La seule erreur que je puisse pointer n’en est pas vraiment une: c’est l’organisation interne du parti. On doit s’améliorer.» (Photo: Nader Ghavami)

Suite aux élections du 14 octobre et dans l’attente de l’installation d’un gouvernement, ils sont huit députés à avoir prêté serment pour la toute première fois à la Chambre. Sven Clement (Piratepartei) est notamment revenu pour Paperjam sur la campagne, les résultats sortis des urnes, ses ambitions et celles de sa formation, les mesures qu’il aimerait voir se concrétiser.

Quelle est la raison de votre engagement en politique?

Sven Clément. – «Je suis issu d’une famille où on n’avait pas l’habitude de se taire. J’ai toujours été éduqué pour réagir face à une injustice ou à quelque chose qui devait changer. Je me suis ensuite engagé tôt dans le Comité de mon lycée, puis ensuite au sein de la Conférence nationale des élèves du Luxembourg… Il était finalement assez logique que j’arrive ensuite en politique, d’abord au LSAP puis au sein du Piratepartei.

Quel est votre idéal politique?

«Mener une politique qui puisse changer la vie de tous et pas seulement de quelques-uns. 

Y a-t-il eu ou y a-t-il encore un modèle qui vous inspire?

«Il y en a deux. D’une part Willy Brandt qui a porté la première coalition sociale-libérale en Allemagne. D’autre part Barack Obama, qui a marqué ma génération de par son immense talent d’orateur. Je ne suis pas d’accord avec toutes leurs décisions, toute leur politique. Mais ce sont des figures inspirantes.

Que retenez-vous de la cette campagne?

«De négatif, l’agression dont j’ai été victime de la part d’un autre candidat. De positif, une sorte de retour aux sources avec des débats devant des auditoires d’étudiants. 

Des expériences électorales antérieures vous ont-elles aidé?

«J’avais déjà été tête de liste au Centre en 2013 et cela m’a aidé. J’ai été cette fois beaucoup plus calme, moins stressé, anxieux.

L’électeur fait toujours des choix qui ne sont pas ceux attendus par les candidats.

Sven Clément, député Piratepartei

Qui ont été vos soutiens les plus directs?

«Il y a bien entendu mon épouse, qui a été la plus impactée par cette campagne. Mais aussi mon père et ma sœur, qui en plus étaient candidats aussi. Et puis, l’équipe du parti: Marc, Daniel…

Pensez-vous avoir commis des erreurs au cours de la campagne ou des situations que vous regrettez?

«La seule erreur que je puisse pointer n’en est pas vraiment une: c’est l’organisation interne du parti. On doit s’améliorer. Et on va devenir encore plus professionnels, car nous sommes occupés à engager.

Qu’est-ce qui vous a convaincu de vous investir dans votre parti plutôt que dans un autre?

«J’ai été dans un autre: le LSAP. Que j’ai quitté, car je voulais trouver une famille nouvelle. Elle n’existait pas. Alors, on l’a créée.

Les résultats du 14 octobre ont-ils été une surprise?

«De manière générale, oui. Mon radar n’avait pas repéré cette vague verte, je dois bien le dire. Le CSV? J’avais dit qu’ils seraient stables et ils perdent un siège… mais aussi beaucoup de %. J’ai aussi cru que le LSAP allait perdre plus encore. Sa campagne n’a pas été terrible.

Finalement, l’électeur fait toujours des choix qui ne sont pas ceux attendus par les candidats. En ce qui concerne le Piratepartei, ce qui m’a surpris c’est le fait qu’avec 300 électeurs de plus nous avions quatre députés au lieu de deux. Ce n’est vraiment pas grand-chose. J’en suis encore étonné. 

Quelle vision avez-vous du paysage politique de 2018?

«Difficile à dire. Les négociations sont en cours. Personnellement si j’avais perdu trois sièges comme le LSAP j’irais dans l’opposition. Mais il y a derrière cela des questions d’ego. Les jeux sont-ils faits? Je n’en suis pas certain. Mais si une Gambia 2 ne voit pas le jour je me demande ce qu’il sera possible d’imaginer.

On va d’abord et avant tout miser sur nos thèmes.

Sven Clément, député Piratepartei

Comment votre parti doit-il se positionner? Doit-il conserver son ADN pur ou s’adapter au contexte?

«On va d’abord et avant tout miser sur nos thèmes. On a été élus pour défendre le logement abordable, la transparence, un système de santé plus efficace… Si on voit des points positifs dans l’accord de gouvernement on va le dire, et on demandera au gouvernement de les appliquer. Et si on voit des points négatifs, on le dira aussi.

Quelle mesure souhaiteriez-vous voir adopter?

«Celle qui est engagée et sur laquelle on ne reviendra pas c’est la révision de la Constitution. Il nous en faut une plus moderne, avec la possibilité de referendum. 

Quelles sont vos matières de prédilection?

«Il y a les finances, car je pense qu’à chaque décision politique il faut des moyens. Il y a aussi la réforme de la Constitution, comme déjà dit. Les matières en lien avec l’enseignement et le sport me parlent aussi.

Quelles sont les matières qui vous attirent le moins?

«Je ne suis pas un expert en santé. Je ne suis ni agriculteur ou viniculteur. Mais je peux apprendre. 

Quelle est votre priorité pour le pays sur le plan économique?

«Sur le plan fiscal, il y a la réforme des impôts. Sur le plan économique, il faut privilégier les TPE et PME et non plus les « grosses » entreprises.

Quelles sont vos ambitions personnelles pour cette législature?

«Je m’attends à beaucoup de travail et à devoir vite plonger dans les dossiers. J’espère pouvoir apporter la vision d’un entrepreneur, différente de celle d’un avocat ou d’un fonctionnaire. Mon souhait est aussi de devenir un expert dans certaines matières et contribuer à faire avancer les choses. Si je parviens à laisser mon empreinte dans quelques-uns, ce sera une réussite personnelle.»