POLITIQUE & INSTITUTIONS — Justice

Procès en Algérie

Medjdoub Chani écope de 12 ans de prison en appel



Pour la deuxième fois, Medjdoub Chani a décidé d'entamer une grève de la faim pour dénoncer sa condamnation en Algérie. (Photo: soutienchani.org)

Pour la deuxième fois, Medjdoub Chani a décidé d'entamer une grève de la faim pour dénoncer sa condamnation en Algérie. (Photo: soutienchani.org)

L’homme d’affaires qui dispose des nationalités algérienne et luxembourgeoise a été condamné jeudi par le tribunal d’appel d’Alger à une peine ferme, quelques mois après l’annulation de sa condamnation par la Cour suprême pour corruption et blanchiment.

Relaxé en janvier 2015 par la Cour suprême d’Alger, Medjdoub Chani a été condamné jeudi par le tribunal d’appel d’Alger à une peine de 12 ans de prison pour corruption et blanchiment dans l’affaire dite Algérie Télécom. Un jugement qui démontre, selon les avocats de l’homme d’affaires algéro-luxembourgeois, la sévérité des autorités judiciaires algériennes qui «se sont montrées impitoyables».

Selon Me Philippe Penning, avocat au Barreau de Luxembourg, et Me William Bourdon, du Barreau de Paris, le verdict s’est fait «non seulement sur la base de dossiers totalement vides, mais au mépris d’une décision rendue par la plus haute juridiction algérienne».

Un jugement qui succède à d’autres décisions tout aussi iniques.

Me Philippe Penning et Me William Bourdon, avocats de Medjdoub Chani

Arrêté à Alger en septembre 2009, Medjdoub Chani se trouve ainsi être, selon la justice algérienne, coupable d'avoir perçu des pots-de-vin de la part de sociétés chinoises alors qu'il conseillait l'ex-PDG de la compagnie de télécom. Face à ce jugement, l’Algéro-Luxembourgeois a annoncé entamer une nouvelle grève de la faim. La dernière, menée entre mai et juin derniers, avait duré 46 jours.

De leur côté, les avocats de la défense indiquent que cette condamnation «succède à d’autres décisions tout aussi iniques», référence au verdict rendu dans le scandale de la construction de l’autoroute est-ouest, affaire où Medjdoub Chani a écopé d’une peine de 15 ans de prison.

En appelant «aux autorités luxembourgeoises, européennes et onusiennes», Mes Bourdon et Penning plaident pour une action du Luxembourg en faveur d’«une victime collatérale de l’instrumentalisation de la lutte contre la corruption algérienne et des luttes de pouvoir». Pour rappel, la justice luxembourgeoise a ouvert une information judiciaire, sans suites concrètes à ce jour.