POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Étrangers et communales 2017

Majoritaires dans la capitale, minoritaires aux urnes



Bien que représentant 70% des résidents de Luxembourg-ville, les étrangers inscrits sur les listes électorales pour les communales du 8 octobre représentent officiellement 19% du corps électoral inscrit. Une situation qui soulève bon nombre de questions.

Au 14 juillet 2017, soit le lendemain de la fin des inscriptions sur les listes électorales pour les résidents étrangers dans la capitale, 6.569 non-Luxembourgeois répondant aux critères d’éligibilité avaient fait les démarches nécessaires. Soit 19% du corps électoral selon les données dévoilées mercredi par Lydie Polfer (DP), bourgmestre de Luxembourg-ville. Un chiffre «en hausse de 24,5% par rapport à celui enregistré pour les élections communales de 2011», note-t-elle en égrenant la liste des nationalités concernées, à savoir «1.549 Français, 1.422 Portugais, 718 Italiens et 505 Allemands».

Des valeurs absolues plus flatteuses que celles enregistrées par le passé qui ne peuvent cependant pas faire l’objet d’extrapolations sur les engagements de telle ou telle communauté puisque les chiffres globaux par nationalité présentés mercredi recensent non seulement les personnes résidentes depuis au moins cinq ans au Luxembourg, mais aussi tous les autres. Idem en ce qui concerne une comparaison par rapport à 2011, en raison «du nombre de personnes ayant acquis la double nationalité ou de celles qui ont déménagé», précise Patrick Goldschmidt (DP), échevin en charge de la politique d’intégration.

Pourtant présentés par Lydie Polfer comme le résultat d’«une campagne qui a porté ses fruits», les chiffres officiels de participation des étrangers aux communales 2017 dans la capitale marquent le décalage important entre la composition de la population résidente de la capitale et de son corps électoral. Pour tenter d’expliquer cette situation, plusieurs pistes ont ainsi été avancées mercredi par les membres du conseil échevinal.

Décollage tardif des inscriptions

Qu’il s’agisse «du libre choix» des résidents étrangers «de ne pas profiter des opportunités qui leur sont offertes», «d’une moyenne de résidence peu élevée puisque ne dépassant 5 ou 6 ans» ou «un manque d’informations au niveau global», pour Sam Tanson (Déi Gréng), première échevine de la capitale, cette réalité doit servir «d’indication sur le fait qu’il ne faut pas communiquer sur ce thème que sur une période donnée, mais bel et bien de manière permanente, dans l’optique d’une représentativité plus démocratique.»

Démarrée au printemps, la campagne pour les communales n’a, selon les données présentées mercredi, décollé que tardivement. Un premier pic d’activité a été recensé mi-mai, puis un second début juillet avant le rush traditionnel de la fin des inscriptions, fixées au 14 juillet.

Deux éléments que les responsables communaux expliquent d’une part par l’envoi de «quelque 32.000 courriers individuels aux personnes qui répondaient aux critères» et d’autre part par «la campagne menée par certains médias, dont Paperjam, sur cette question.» Au total, toutes nationalités confondues, ce seront donc 34.386 résidents qui éliront le 8 octobre prochain le nouveau conseil communal. Au 1er janvier 2017, la capitale enregistrait une population de 114.090 habitants, composés à 70,8% de non-Luxembourgeois.